Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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Décembre 2005
01/12/2005
 

Poids plume de Christophe Hermans

Poids plum de Christophe Hermans

Qu'est-ce qui démarque un documentaire de cinéma de la production formatée pour la télévision? Un sujet, une approche, des choix formels, un certain regard. Toutes ces qualités éclatent dans cet étonnant petit film qui nous fait partager quelques heures de la vie de Robin et de ses proches. Robin, 11 ans, le petit dernier d'une famille brabançonne, est un jeune garçon ouvert, vivant, qui réussit tout ce qu'il entreprend. D'ailleurs, n'est-il pas un des meilleurs gymnastes belges de sa catégorie d'âge tout en collectionnant les notes d'excellence à l'école ? De quoi rendre papa et maman fiers et heureux. Un peu trop peut-être. Encensé, cajolé, gâté, il est le rayon de soleil de ses parents un peu âgés qui ne se privent pas d'expliquer devant lui combien il leur donne de bonheur. Il a dans la famille une place de chouchou, au grand dam du grand frère et de la grande soeur, réduits à se taire mais qui n'en pensent pas moins.
Au départ d'un sujet presque banal, qui pourrait presque constituer une séquence du regretté magazine Strip-tease, Christophe Hermans nous offre une amusante méditation sur la famille (je vous hais), les rapports sociaux en général, où les jeux de pouvoir prennent souvent des formes inattendues. Le réalisateur impressionne par son don d'aller dénicher l'image qui parle. Ce qui fait la valeur du film n'est pas dans ce qui est raconté, mais dans des plans furtifs, comme volés mais oh combien significatifs. Le père de Robin serre son petit contre lui tout en nous exprimant toute sa satisfaction et son amour pour son petit génie quand, soudain, la caméra bascule et va chercher la grande s œ ur dont le corps tendu et le visage fermé expriment mieux que des mots ce qu'elle peut ressentir de tristesse et d'amertume. Tout est dit en cinq secondes. Rien n'échappe à l' œ il acéré du jeune réalisateur qui prend un malin plaisir à se servir de ces images pour mettre son point de vue en relief sans avoir l'air d'y toucher. Résultat, une pétillante tranche de vie à l'humour acide, à laquelle le jury a d'ailleurs décerné le prix de l'image, sans doute justement pour ce regard hors du commun.

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