Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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avril 2007

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05/04/2007
 

Prélude de Jean-François Spricigo, Benjamin Viré et Manuel Hernandez

Autoportrait d’un assassin 

Film expressionniste aux a priori esthétiques marqués, Prélude nous raconte l’histoire d’un meurtre à travers les réflexions d’une voix off que l’on suppose être celle du meurtrier. Dès le premier plan, le film nous transporte dans un climat étrange, aux frontières de l’onirique que les réalisateurs vont s’ingénier à maintenir avec beaucoup de soin tout au long du film. 

prélude de Spricigo, Viré et HernandezL’image est très contrastée, riche en hautes lumières, jouant constamment sur la netteté (un piqué extrême, où chaque poil noir sur la peau blanche ressort avec une précision d’entomologiste, alterne avec des hors champs allant jusqu’au flou total). La bande son, extrêmement travaillée, est collée aux images avec une attention extrême et donne son rythme au film. Pour renforcer encore cette ambiance sophistiquée, le film est découpé par des fondus au noir, entraînant des césures de quelques secondes entre chaque partie de l’histoire. Enfin, la voix off, assez monocorde et centrée sur les états d’âme du tueur, accentue encore la distanciation du spectateur au sujet.
Le premier plan, flou, nous fait apercevoir le profil du visage d’un homme. Le plan devenant plus net à mesure que la caméra s’éloigne, on découvre que l’homme est en fait allongé dans une baignoire remplie d’eau. La caméra s’attarde sur son corps, ses jambes, ses poignets d’où s’échappe un flot de sang qui trouble l’eau jusqu’à l’opacifier. Dans l’autre coin de la pièce, assis sur la cuvette des WC, un autre homme laisse sa tête reposer contre le mur. Par la voix off qui est la traduction de sa pensée, nous apprenons comment il a résolu de tuer l’autre homme, comment il l’a fait et quittons avec lui l’appartement pour nous fondre dans la foule. 

Réalisé de façon tout à fait indépendante et probablement sans beaucoup de moyens, Prélude est une expérimentation qui reflète des conceptions bien arrêtées de ce que doit être le cinéma vu par ses auteurs. S’il arrive assez bien à rendre une atmosphère trouble, il peine toutefois à accrocher vraiment un spectateur à qui il donne vraiment très peu de points de repère auxquels se rattacher. À moins que dans l’esprit de ses auteurs, ce ne soit justement, le "prélude" à tout autre chose...

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