Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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juillet-août 2007

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13/07/2007
 

Ragazzo rosso de Marco Zagaglia

Je suis rital et je le reste

Quelque part en région liégeoise, le jour où le Standard pourrait être champion de Belgique, la veille de la manifestation contre la délocalisation de son usine, le jeune ouvrier italo-belge Antonio fait ses bagages pour aller travailler chez son oncle en Italie, un oncle avec qui la famille s'est brouillée depuis longtemps. Mais Antonio doit encore annoncer la nouvelle à Gino, son délégué syndical de père. Et le bon moment semble ne jamais arriver...

Les ritals liégeois... Leur poésie toute particulière, leur accent, leurs bleus de travail, leur passion immodérée pour la bière et le foot... Un endroit hors du temps, où tout le monde ressemble un peu aux « héros » des « chansons » de Claude Barzotti. Portrait mi-humoristique mi-tragique d'une famille d'ouvriers au bord de l'implosion, Ragazzo Rosso dépeint, avec une certaine cocasserie, le petit monde tristounet de ces ouvriers se préparant à leur énième manifestation. Les notes d'humour viennent pour la plupart d'acteurs du cru dont l'accent liégeois à couper à la machette provoque l’hilarité. Une sous-intrigue pleine de suspense sur le choix du sandwich du héros lors de la manif (prendra-t-il le thon-mayo, le tomates-crevettes ou le jambon-fromaaache comme on dit là-bas...) amène une pincée d'humour bienvenue dans ce petit film sympathique qui aborde le problème du choix de vie par rapport à l'appartenance à la cellule familiale. Notre jeune héros ne sait s'il doit réaliser un rêve qui lui apportera le bonheur qu'il n'a jamais eu ou épargner la sensibilité d'un père sévère mais fragile et protecteur. La famille se montre ici encore une fois comme une cellule de répression plus qu'un microcosme d'épanouissement.

      


Bien interprété par Vincent Huertas (le fils) et Nico Donato (le père), on pourra juste reprocher au film une conclusion peu satisfaisante, mais hélas plausible, plus ancrée dans la réalité sans doute :  un « happy ending » faisant de son héros un anti-héros. Une réalité grise qu'il est de plus en plus difficile de transcender, prisonniers que nous sommes des confins de la cellule familiale et de ses codes immuables.

Ragazzo rosso de Marco Zagaglia
Avec Vincent Huertas, Nicola Donato et Bambina Liberatore – 9'18''

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