Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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octobre 2012

Dead Man Talking - En salle depuis le 3 octobre

Zindeeq de Michel Khleifi - En salle depuis le 3 octobre

Cinéma Inch'Allah - En salle depuis le 17 octobre

Sur le tournage de Yamdam, un film de Vivian Gofette

Rain - En salle à partir du 24 octobre

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Rain d'Olivia Rochette et Gerard-Jan Claes

Anne Teresa De Keersmaeker n’est plus à présenter. Elle est si bien ancrée dans notre paysage quotidien que nous peinons à croire que le public parisien puisse être heurté par sa chorégraphie, voire y être hostile. Cette gestuelle particulière, aux mouvements saccadés, brusques, entre courses, arrêts et retours tranchés dessinés sur des transversales géométriques à même le sol a mis près d’une décennie à être acceptée par le milieu de la danse. 

Rain, un film sur le spectacle de Anne Teresa De KeersmaekerL'Opéra de Paris, le monument préféré d’Hitler de la Ville-Lumière, invite la chorégraphe en résidence. Privilège ou piège à double trappe ? Recevoir la demande expresse de Brigitte Lefèvre, directrice de l'Opéra national, ne peut que réconforter Anne Teresa De Keersmaeker dans sa décision de laisser interpréter une de ses œuvres par une autre troupe que celle de Rosas, même si ce spectacle date d'une dizaine d'années. Mais tour de passe-passe ou intention délibérée, faire danser ce spectacle contemporain par le Ballet de l'Opéra est une réelle révélation. En fin de répétitions, lorsque les danseurs classiques se sont appropriés la chorégraphie acrobatique de Rain, c'est un autre spectacle qui apparaît, les mouvements devenant hybrides entre droites rectilignes et courbes gracieuses, sous le regard admiratif des danseurs de Rosas qui ont veillé à la préparation des danseurs. Olivia Rochette et Gerard-Jan Claes, qui retracent les neuf mois de répétition, ont calqué leur récit sur les appréhensions, doutes et réserves des danseuses et danseurs classiques. Blessures, incompréhension des mouvements qui tiennent plus de l'acrobatie que de la danse, fatigue due à une trop longue concentration et à une prestation continue, sans relâche, peur de froisser des muscles qui ne sont pas habituellement sollicités.
De très belles scènes s'éparpillent de-ci de-là, la fourmilière de l'Opéra dévoile des sons, des bribes de musique, des répétitions d'orchestre, une splendide chanson française interprétée par un ténor à la voix chaude et rocailleuse.

Un film réalisé avec brio qui donne envie de (re)découvrir la chorégraphie originelle de cette grande dame de la danse contemporaine.  

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