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09/11/2011
 

Recardo Muntean Rostas

Sélectionné dans la compétition « Premières œuvres » de la 14e édition du festival Filmer à tout prix, le film documentaire de fin d'études de Stan Zambeaux issu de l'IAD, nous propose de suivre un petit garçon rom plein de vie. A sept ans Recardo a déjà de grandes responsabilités puisqu'il est l'intermédiaire entre ses parents immigrés et le monde bruxellois dans lequel ils évoluent, le Recardo muntean Rostasdécisionnaire familial en l'absence du père hospitalisé et le médecin en devenir qu'espèrent ses géniteurs.

Pour faire ce film, le réalisateur et sa caméra DV se sont faufilés dans la vie du petit réduit d'une famille rom immigrée qui vit dans le dénuement, devant faire la manche pour se nourrir. La première séquence se passe à l'hôpital où la famille rend visite au père malade sur fond d'accordéon mélancolique qui fleure un peu le pathos rétrograde. Si ce début du film peut laisser, un instant, craindre un parti-pris douteux, on réalise vite que c'est au contraire un regard très respectueux qui est posé sur cette situation. Une certaine pudeur témoigne peu à peu d'une complicité entre l'enfant et le réalisateur.

Rigoureusement à hauteur de l'enfant, la caméra le suit dans tout ce qui fait son quotidien : la rue, l'école, mais aussi le centre d'assistance social ou le guichet de poste dans lequel il officie comme interprète, notamment pour sa mère, voire d'interlocuteur privilégié. Cette camera souligne ainsi la place prépondérante de ses rapports à autrui. Ce n'est qu'une fois au parc de jeu que, redevenu enfant parmi d'autres, la caméra se détache de lui, le laissant à sa place dans le monde de l'insouciance.

Cette situation ambigüe d'enfant-adulte est souvent dérangeante pour le spectateur occidental, mais le film parvient à se distancier de ce jugement trop souvent repris dans les discussions simplistes et même dans les médias. C'est justement parce qu'il parvient à montrer que Recardo n'est pas une victime, mais un enfant dont le cadre de vie impose des responsabilités et qui, à aucun moment, n’apparaît contraint ou abattu, que le réalisateur offre un éclairage à la fois original et optimiste sur un sujet aussi délicat que nécessaire à aborder.


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