Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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Avril 2002
01/04/2002
 

Remember Marvin Gaye de Richard Olivier

C'est l'histoire d'un black qui adore la musique et les fléchettes. Il entre dans un estaminet flamand, commande une boisson et se présente : " Do you know Marvin Gaye ? " Et les buveurs de bière éclatent de rire. D'accord, c'est pas marrant, mais plongés dans le contexte, vous comprendrez pourquoi cette situation ubuesque qui réunit deux mondes arrive à vous arracher le sourire.

Marvin Gaye : Pride and Joy

Jaquette Remember Marvin GayeD'un côté Marvin Gaye, l'un des plus grands chanteurs pop/jazz/blues, à mi-chemin entre Barry White et Craig David, et de l'autre, trois clients anonymes sirotant leurs bières dans un bar d'Ostende. C'est aussi l'histoire d'un fils de pasteur américain, Marvin, qui grandit dans une famille très religieuse. Dans l'espoir de devenir le prochain Nat King Cole, il sort son premier titre, My Guy, avec Mary Wells, qui devient rapidement un hit. Après un énorme succès aux Etats-Unis où des titres comme What's Going On ou " Mercy Mercy Me en 1971 le propulsent au rang de super star, Marvin entame sa traversée du désert en Angleterre. C'est là que le belge Freddy Coussaert va le pêcher pour le relancer en 1982 avec un titre qui marquera bien des générations : Sexual Healing. Deux ans plus tard et un retour gagnant dans le circuit américain, l'histoire se termine mal car il sombre dans la drogue et meurt tragiquement assassiné par son père.

Après le documentaire Marvin Gaye transit Ostende, Richard Olivier remet le paquet sur le destin tragique de cet homme charismatique du pop américain avec son nouveau film Remember Marvin Graye.

Un opus bis repetita ?
On aurait pu le croire mais le réalisateur belge, en fin connaisseur, parvient - par un subtil mélange de stocks shots puisés ni plus ni moins à Henri Storck et de ses propres images - à créer une cohérence qui arrive à nous surprendre par sa beauté. Quelle surprise de voir Marvin Gaye en plein blues dans un solo au piano et les danseurs de Storck datant de 1947. L'étonnement aussi de voir Marvin chanter du gospel à la chapelle devant un public de quatre grand-mères flamandes… On soupire en se disant : " Ah ! si j'étais là-bas, moi aussi… " Image ironique encore où Marvin Gaye n'hésite pas à lancer : " J'accepte d'être un sex-symbol " alors qu'on voit les rideaux des prostituées se fermer brusquement.
C'est l'histoire d'un chanteur-né qui nous berce par sa musique et nous emmène, à travers le vieil Ostende, pour un moment de découverte et de musique. L'histoire d'un grand black qui adore notre littoral et sa belle plage. A notre tour, on voudrait lui dire : " Merci, Merci Marvin… "

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