Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/02/2006
 

Réminiscences de Fanny Dal Magro

Réminiscences de Fanny Dal Magro. (14’). Avec Catherine Demaiffe & Gabriel Alloing.

Tel le divin enfant, Vera est nez. Sauf que ça s’écrit pas pareil. Scientifique, Vera crée des parfums et vit sa vie dans les effluves de son laboratoire. Elle pleure la mort de Thomas, son amant. Son deuil difficile vire progressivement à l’obsession : elle se met en tête de retrouver l’essence du disparu en créant un nouveau parfum… 

 

reminiscence 

Difficile de parler en toute objectivité d’un film auquel on a participé de près. En effet, ayant contribué à la régie de ce court métrage en mars dernier, j’ai pu suivre le tournage épique en long, en large et en travers dans les caves lugubres de l’INSAS. Une expérience d’une richesse folle, qui m’aura permis d’apprendre à faire un bon café et des sandwiches exquis, à ranger des caisses très lourdes, à marcher sur la pointe des pieds pendant les prises et à prodiguer des massages savants et passionnés à une actrice principale ravie par mes doigts curieux et aventureux. Dur métier, mais quelqu’un doit le faire… Plus sérieusement l’expérience m’aura valu de côtoyer une équipe sympa, toute dévouée à la cause de sa réalisatrice, la jeune et frêle Fanny Dal Magro dont l’accent du nord extrêmement prononcé aurait fait rêver le regretté (…) Pierre Bachelet.

Le point de départ de Réminiscences est extrêmement attirant. Mais aussi extrêmement risqué. Car en effet, à moins de disposer d’une exploitation en Odorama (comme pour le cultissime Polyester de John Waters), difficile de rendre tangible à l’écran une expérience aussi sensorielle que la recherche d’un parfum… La réalisatrice préférera dès lors se consacrer aux ambiances, aux sensations, à la sensualité ( prononcez « sensuwalité » si vous êtes Axelle Red…), à des images léchées frôlant peut-être un peu trop la préciosité. Et pourtant, ce sont là les scènes les plus réussies du film : la douce étreinte de Vera et de son amant disparu, les corps filmés avec pudeur et tendresse… Ce que l’on pourra reprocher à Réminiscences, c’est finalement d’être trop court. Voilà un film qui méritait une certaine langueur, un peu plus de contemplation, qui aurait dû prendre son temps. Et la courte durée (une quatorzaine de minutes) ne suffit pas à rendre le film inoubliable, la faute à un montage qui va à l’essentiel, qui se presse là où, pour une fois, il aurait pu s’attarder plus longtemps sur les malheurs et l’obsession de son héroïne. Un rôle difficile, car extrêmement introspectif incarné par la très belle et très talentueuse Catherine Demaiffe (en même temps, si je ne la flatte pas un tantinet, je vais me faire sermonner, mais je te jure Catherine, je suis sincère…) dont la performance se doit d’être saluée.

Mauvais point à mentionner pour la S.P.A. : deux rats, les regrettés Walter et Pedro ont donné leur vie pour le tournage de ce film. Qu’ils reposent en paix au royaume des rats. On pense à vous les gars…

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