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Inès Rabadan, présidente de la SACD

et également

Mots-clés : son, musique,
 

Rencontre avec Marianne Binard, organisatrice de "la Semaine du Son"

Nous sommes ici dans l’atelier d’instruments à cordes du luthier Thomas Meuwissen, installé au MIM, ce musée très vivant dédié aux instruments de musique. Les visiteurs pourront s’entretenir avec le luthier qui jouit d’une reconnaissance internationale. Comme pour les éditions précédentes, le MIM est l’un des partenaires de la Semaine du Son qui aura lieu du 14 au 20 septembre.

Cinergie : Comment est née la Semaine du Son ?
Marianne Binard : C’est un ingénieur acousticien français, Christian Hugonnet, qui a initié, voici une dizaine d’années, le concept de « semaine du son ». Il voulait décloisonner ce domaine, jusqu’alors réservé aux professionnels, et l’ouvrir de façon plus large à tous les publics. Le projet initié à Paris existe aujourd’hui dans 50 villes de provinces françaises, ainsi qu’à Genève, au Mexique, en Argentine, en Colombie et à Bruxelles où il a été créé en 2011. 

C. : Quels ont été les débuts de la Semaine en Belgique ?
M. B. : Au départ du projet, nous formions une équipe de programmation de quatre personnes très complémentaires. Je travaillais davantage dans les domaines du cinéma et de la radio, un compositeur et une créatrice sonore dans le domaine de la création musicale. Depuis lors, une historienne de l’art néerlandophone nous a rejoints et assure le caractère bilingue de nos activités.
L’existence d’un réseau d’amis et de connaissances dans les milieux du son a permis à la Semaine du Son de démarrer très vite, de recueillir beaucoup d’échos et de soutiens. Elle a été accueillie dans des salles prestigieuses. Des interprètes et des compositeurs de renom ont accepté, d’emblée, d’y participer. 

C. : La Semaine du Son nous propose un très large éventail d’événements, attractifs, ludiques, instructifs, parcourant les domaines du cinéma, de la musique classique, expérimentale. Elle multiplie les lieux de diffusion, élargissant sans cesse ses publics, pouvez-vous en éclairer quelques aspects ? Il faut préciser, pour nos lecteurs, que l’accès à chacun de ces événements est entièrement gratuit.
M. B. : Nous proposons des rencontres avec des professionnels du son, avec des artistes qui, lors d’échanges avec le public, parlent de leur travail de compositeur ou d’artisans du son. Nous avons accueilli, lors des éditions précédentes, des artistes reconnus tels que José Van Dam, Jean-Philippe Collard-Neven, Jean-Louis Rassinfosse, Bob Verschueren, etc. Nous mettons surtout l’accent sur des propositions de concerts qui sortent des sentiers battus et sont généralement des « Work in Progress ». Nous multiplions les lieux de diffusion, nous les diversifions dans un esprit de découverte. Lors de cette édition, le public pourra voyager d’un endroit à l’autre : de la Monnaie au Jardin du Botanique, en passant par Bozar, le MIM, l’Hôtel de Ville de Bruxelles, le Centre Jacques Franck à Saint Gilles et aboutir, de façon décentrée, à la petite gare de Watermael pour un atelier d’improvisation. Ce qui implique un grand nombre de partenaires institutionnels et associatifs.

En ce qui concerne les concerts, nous sommes très attentifs à ce qu’ils se démarquent des circuits traditionnels. Nous désirons faire découvrir au public l’envers du décor, qu’il s’agisse d’opéra ou de films sur la musique.

Cette année, nous accueillons, une nouvelle fois, Gérard Corbiau à Bozar, pour la présentation du film qu’il vient de réaliser Abdel Rahman El Bacha, un piano entre Orient et Occident. Le réalisateur passionné par le geste musical a voulu interroger les origines orientales de l’artiste et leur influence sur la vision musicale des œuvres musicales qu’il interprète. Humaniste, enseignant, compositeur et interprète, Abdel Rahman El Bacha prend le parti de jouer sans partition, de mémoire, afin d’être au plus près de la musique. Cette avant-première sera suivie d’une rencontre avec le cinéaste, l’interprète et toute l’équipe son du film.

C. : Dans les domaines de l’expérimentation et des installations, une proposition m’intéresse particulièrement : celle de « rendre audible l’inaudible ». C’est un fil d’Ariane qui parcourt toute la programmation.
M. B. : Pendant toute la Semaine du Son, nous serons présents auMIM avec une installation sonore réalisée par le collectif VOID, composée de plasticiens sonores dont Arnaud Eeckhout et Mauro Vitturini. Silence is MORE est une composition de basses fréquences au départ inaudibles par l’oreille humaine. Elles sont diffusées par une série de hauts parleurs entourés de petits objets qui, à cause des vibrations, vont s’entrechoquer et émettre des sons.

C. : Une autre expérience participe du même esprit : la musique des pierres.
M. B. : Depuis 2012, le collectif « Lithos » développe un travail musical autour des pierres sonores. La redécouverte de ce matériau musical archaïque a donné naissance à la fabrication de « lithophones » et à des compositions musicales. Laurence Van Nypelseer produit des événements visuels par le son, fait vibrer la pierre qui met en mouvement des objets dans l’espace.

C. : Deux autres installations encore sur le thème du silence…
M. B. : Une chaise-casque de coiffure est transformée en installation sonore. Huit artistes livrent à l’auditeur, en une minute, leurs interprétations du silence ou du bruit, en forêt de Soignes et dans les abattoir, notamment. C’est à un même type d’expérience déstabilisante que nous invite l’installation sonore mobile Le self-Simulator. L’utilisateur se regarde via une caméra mobile à 360° tandis qu’il se déplace librement. Les sons environnants, les bruits des pas et de la respiration sont captés par des micros très sensibles. Ils sont alors envoyés aux oreilles du participant.

C. : Deux rallyes sonores… au Jardin du Botanique et à travers Bruxelles nous invitent à la découverte de la ville.
M. B. : Nous organisons, depuis plusieurs années, un rallye sonore dans différents lieux et, pour la deuxième année, dans le Parc du Jardin Botanique. On distribue aux participants un plan et un stéthoscope. Ils parcourent le parc à la recherche de petites boîtes sonores qu’ils vont ausculter pour écouter les petites histoires écrites par Isabelle Wéry et Thomas Depryck. Elles racontent les huit jours de la semaine, le huitième est une surprise.

Finding Song Home est un opéra-cycliste proposé par Kaffe Matthews et le bicrophonic Research Institute. C’est un parcours à vélo à travers Bruxelles. Il démarre Place de la Monnaie pour gagner le Canal et les petites rues de Molenbeek. Les vélos sont sonorisés, guidés par GPS. Les récits proposés par Matthews constituent, sur le mode polyphonique, une topographie sonore née de rencontres avec les habitants de ces quartiers multiculturels.

C. : La Semaine du son se terminera par une fête « Into The Riff » au Centre Culturel Jacques Franck …
M. B. : Le principe du « riffing » est de se faire plaisir, de se faire confiance, d’être ensemble. Garret List a demandé à Bud Blumenthal de créer pour l’événement un spectacle mélangeant musique et danse improvisée. N’est-ce pas là la meilleure manière de terminer joyeusement notre Semaine du Son ?

http://lasemaineduson.be/

 

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