Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
 

Rencontre avec Olga Baillif sur le tournage de son premier long-métrage, Autour de Luisa

Pour son premier long-métrage, la Genevoise a choisi de faire le portrait d'une musicienne en quête d'elle-même, tant musicalement qu'humainement. Diplômée de l'INSAS, la réalisatrice a déjà mis la main à la pâte avec la réalisation de plusieurs courts-métrages comme Nuit de noces en 2001 et Kint, de l'autre côté en 2004. Pour ce nouveau projet, coproduction entre la Suisse (Alina) et la Belgique (Néon Rouge production), tourné entre la Suisse et la France, Olga Baillif s'est entourée de la musicienne américaine Pieta Brown, du chanteur, guitariste et auteur Bertrand Belin et de l'acteur belge Johan Leysen.

Cinergie : Qui est Louisa ?
Olga Baillif : Louisa, chanteuse rock, la petite quarantaine, fait partie d'un groupe qui a une certaine notoriété depuis quelque temps. Ils ont plusieurs albums et tournent beaucoup. Le groupe est bien installé et, en même temps, il se demande si tout cela a encore du sens, si on peut encore faire de la musique de cette façon-là, toute sa vie.

C. : Et pourquoi ce titre Autour de Louisa ?
O. B. :
Le titre est provisoire et il va très probablement changer d'ici la fin du tournage. Mais, c'est vrai que c'est l'histoire de cette chanteuse rock de 40 ans qui, à cause d'un événement précis, va remettre en question le sens de sa vie : pourquoi fait-elle de la musique, qu'est-ce qu'elle cherche à faire à travers ça ? Elle a besoin de réajuster son rapport à la musique mais aussi son rapport aux hommes qui est l'élément central du film. Ce thème transparaît à travers son compagnon, Julien, qui est le guitariste et le compositeur du groupe, mais aussi à travers son père. Les deux relations avec ces deux hommes sont en résonance, elles se questionnent l'une l'autre.

C. : C'est une sorte de road movie ?
O. B. :
C'est l'histoire d'un groupe en tournée donc, d'une certaine façon, c'est un road movie. Pour moi, ce n'était pas la première chose à laquelle j'ai pensée en écrivant le scénario, mais c'est vrai que c'est l'histoire d'un voyage. Ils sont perpétuellement dans de nouveaux endroits, de nouvelles salles de concert, de nouveaux hôtels, ce sont toujours des lieux qui se ressemblent, mais chaque fois ailleurs et assez vite on ne sait plus très bien où ils sont.

Olga BaillifC. : Où sommes-nous aujourd'hui ?
O.B. :
Ici, nous sommes dans un gîte où ils s'arrêtent pour quelques jours de congé qu'ils vont mettre à profit pour enregistrer un bout de leur prochain album dans un studio qui est dans le même village. C'est une sorte de repos pour eux car il n'y a pas de concert pendant deux-trois jours. C'est un moment plus calme, plus familial au sein de ce gîte. Ce groupe, c'est la famille qu'ils ont choisie.
La scène que l'on vient de tourner montre Valentine, la nouvelle batteuse du groupe, plus jeune que les autres, et qui arrive au début du film. C'est un personnage qui apporte une nouvelle énergie dans le groupe. Elle participe au fait que les choses vont commencer à changer même si ce n'est pas elle qui initie ces changements. Elle apporte son petit grain de sel à la dynamique du groupe et du couple qui va peu à peu se transformer.

C. : Les comédiens que vous avez choisis sont de réels musiciens qui jouent leur propre musique ?
O.B.:
Ils ne jouent pas leur propre rôle mais ce sont de vrais musiciens. Dès l'origine du projet, je me suis dit qu'il fallait traiter la musique de la façon la plus authentique et c'était un des défis et des grandes envies du film : apporter la musique de manière "documentaire", c'est-à-dire de la manière la plus réelle possible. Tous les morceaux qui sont joués dans le film le sont réellement au moment du tournage. Il n'y a pas de playback, c'est l'enjeu de la fabrication de ce film. C'était évident que j'allais travailler avec des musiciens, la question ne s'est même pas posée. J'ai fait un casting très long, très poussé, pour trouver la bonne combinaison de ces musiciens ensemble. En plus, je voulais un couple mixte francophone-anglophone. Je ne savais pas encore qui serait quoi mais tout le processus de recherche, effectué en France, en Suisse, en Belgique, dans les pays nordiques, jusqu'aux États-Unis, a conduit à la rencontre avec cette chanteuse américaine, Pieta Brown, et ce musicien-chanteur français, Bertrand Belin. À partir d'eux, on a construit le groupe.

Olga BaillifC. : Pourquoi cette nécessité de mixité d'origines dans le groupe et dans le couple ?
O.B. :
J'avais envie que la musique soit en anglais, j'avais besoin que ça ait un vrai sens. J'ai toujours un petit doute, même si je sais qu'il y a des tas de groupes de musiciens francophones qui chantent très bien en anglais, j'avais besoin d'une forme d'authenticité. Il fallait que je justifie cela dans quelque chose de réel, dans l'origine de ces musiciens. De plus, la question de la mixité des origines me touche personnellement donc j'avais envie de le raconter. Ma mère est d'origine hongroise, j'ai tenté d'apprendre sa langue mais je n'ai jamais réussi à vraiment l'apprendre. J'ai toujours entendu une langue avec laquelle je suis très intime, ma langue maternelle, mais je ne la comprends pas ! Ce thème revient dans les films que j'ai déjà réalisés...

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