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Juillet 2017

Le court en dit long à Paris, les talents ADAMI à l'honneur

Unité 42, série bilingue RTBF

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Rencontre avec Patrick Ridremont, sur la série Unité 42

"Comme le cinéma, les séries sont une occasion de démontrer notre savoir-faire."

Début juin, la RTBF mettait en boîte les dernières séquences d'Unité 42, après un long tournage entamé en janvier. Une nouvelle série policière qui mêlera enquêtes de terrain et immersions dans le virtuel et reposant sur un duo : Sam, incarné par Patrick Ridremont, et Billie, campée par une débutante, Constance Gay.
L'occasion de dresser un petit bilan avec le premier cité, avant la diffusion de cette série sur la chaîne publique et France 2 - qui l'a préachetée - et qui pour rappel, est issue du Fonds spécifique mis en place par la Fédération Wallonie-Bruxelles et la RTBF, d'où sont issues La Trêve et Ennemi Public, qui entameront bientôt le tournage de leur saison 2, e-Legal, diffusée elle aussi la saison prochaine, et Champions, dont le tournage débutera cet été.

Cinergie : 83 jours de tournage : ne serait-ce pas là votre plus longue expérience en la matière ?
Patrick Ridremont : Oui, et de loin, même ! Comme acteur, via le rôle principal de la série Emma pour TF1, j'avais eu 20 jours, et comme réalisateur, pour Dead Man Talking, j'en avais connu 40. Au bout du compte, une aussi longue aventure de tournage, c'est surtout une question de résistance, à la fois physique et psychologique : nous avons commencé en janvier avec des périodes par -3 degrés, et terminé par d'autres à plus de trente degrés. C'est aussi un marathon où l'on passe par toutes sortes de moments et d'émotions. Ce yo-yo peut être usant, mais c'est aussi ce qui fait la particularité et la beauté de ce projet.

C. : Comment vous êtes-vous retrouvé dans cette aventure ?
P.R. : Initialement, j'ai été contacté par le premier réalisateur prévu sur le projet, Guy Goossens, avec qui j'avais tourné une publicité. Il m'avait trouvé intéressant comme comédien francophone, raison pour laquelle il est revenu vers moi pour me proposer ce rôle de policier. Et puis, je connaissais bien Charlotte Joulia, l'une des scénaristes, qui a été scripte sur mon long-métrage. Elle m'a confié avoir écrit ce personnage en songeant un peu à moi. J'ai donc été flatté et tenté, même si, ayant d'autres engagements et vu quelques retards pris dans le processus de production, j'ai failli être contraint de déclarer forfait. Au final, par chance, les choses se sont bien agencées. J'ai presque eu le sentiment que ce rôle m'attendait, en fait...

C. : En le recevant, vous l'avez même assimilé à un cadeau de Noël. Pourquoi ?
Philippe Ridremont, Unité 42P.R. : Oh, sans vouloir entrer dans une polémique qui serait totalement inutile, je n'ai en fait jamais été vraiment contacté en Belgique pour jouer quelque chose d'aussi intéressant. Je suis appelé pour des coproductions françaises, comme récemment, La Forêt. Mais cette fois, il s'agit d'une production 100% belge et c'est en fait le chemin inverse qui s'opère. Je ne dis pas que je souffrais de n'être pas appelé, mais quand on dépasse les quarante ans, on finit par se poser quelques questions. On se demande un peu ce qu'il faut faire pour être visible chez soi. Ce rôle est donc bien un énorme cadeau, qui a valu quelques discussions avec mon agent, vu l'importante implication qu'il réclamait.

C. : Aussi parce que vous aviez conscience du nouvel élan provoqué chez nous, par ces séries justement ?
P.R. : Absolument ! Depuis longtemps, on souffre d'un problème d'audience et de spectateurs en salles mais là, grâce au seul média télé, on sait qu'on peut viser plusieurs centaines de milliers de personnes, voire des millions grâce à l'étranger. Comme le cinéma, les séries sont en fait une occasion de démontrer notre savoir-faire. On en est train d'assister à d'énormes changements. Il suffit de voir comment La Trêve et Ennemi Public ont marqué les esprits, bien au-delà de notre territoire. Simplement parce qu'elles étaient de qualité. Il faut profiter de cela, et même mieux, que d'autres chaînes que la RTBF s'y mettent, comme cela s'est passé en Flandre. Tout en maintenant, bien sûr, ce label qualitatif. Car il faut savoir que le cahier des charges est strict, avec parfois huit séquences à tourner et douze minutes à utiliser par jour. Alors qu'on sait que c'est deux à trois minutes dans un film. Le tempo est donc très élevé.

C. : Pour pallier à ces soucis de temps, on imagine qu'il doit y avoir un certain travail en amont ?
P.R. : Oui, et à tous les étages. Cela va de la connaissance minutieuse du texte par les comédiens à un scénario bien ficelé et validé avant le tournage, histoire d'éviter trop de remises en question au moment des prises de vues. Puis, on compense aussi par le talent et la créativité : et ça, chez nous, c'est quelque chose qui fonctionne plutôt bien. Unité 42 s'appuie en fait sur beaucoup d'imagination, de qualité et de choix de personnes. Ce que j'observe sur ce tournage au niveau de l'image par exemple, est assez inouï. On gagne franchement 30% de temps grâce à la rapidité et l'expérience de l'équipe technique. Même si indirectement sur nous, acteurs, repose une grosse pression.

unité 42C. : À la fin de ce tournage, vous avez dû vous absenter pour présenter votre dernier court-métrage, La Station, au Festival de Cannes. Vous baignez entre la réalisation et la comédie. Comment vit-on cet éclectisme ?
P.R. : Jouer et réaliser sont évidemment deux métiers très différents. J'aime les deux. Bien qu'être acteur soit peut-être plus confortable, être réalisateur me permet en revanche d'être plus complet émotionnellement. Je souhaiterais peut-être réaliser davantage à l'avenir. Là, je continue à écrire et à me poser des questions quant à la suite, justement. On a parlé de la difficulté d'être populaire : moi, je ne veux pas spécialement être connu, mais j'essaie de faire des choses qui soient vues. Je ne sais pas encore très bien via quel support, car on traverse une époque charnière à ce niveau. Mais j'ai les vacances pour commencer à y réfléchir (sourire)...


Unité 42. Série policière (10 X 52'), issue du Fonds FWB-RTBF et produite par LEFT FIELD VENTURES (John Engel) et la RTBF (Sylvie Coquart-Morel & Ariane Meertens).
Réalisée par Roel Mondelaers, Hendrik Moonen et Indra Siera, écrite par Annie Carels, Julie Bertrand et Charlotte Joulia. Avec Patrick Ridremont, Constance Gay, Roda Fawaz, Tom Audenaert et Hélène Theunissen. Tournage du 23/01 au 02/06/2017. Diffusion prévue : automne 2017

La Station. Court-métrage (12', pass STATION) de Patrick Ridremont, présenté au 70e Festival de Cannes dans le cadres des talents ADAMI
https://vimeopro.com/adami/talents-adami-cannes-2017-la-station-patrick-ridremont

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