Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
 

Rencontre RTBF/Culture

Dès 9h20, les drapeaux de la RTBF sont charriés par le vent à l’entrée de l’université de Liège. La prestigieuse salle académique de l'ULG, classée au patrimoine exceptionnel de Wallonie, et le Théâtre de Liège, situé juste en face, sont investis. Les premiers visiteurs se rassemblent au deuxième étage du théâtre pour un accueil caféiné. La salle se remplit. Alda Greoli arrive, tout sourire, gravissant avec conviction les marches du grand escalier, elle salue nombre des invités.

Le coup d’envoi est donné à 10h00. Rudy Léonet (le Coordinateur éditorial « pop culture »), Jean-Paul Philippot (l’Administrateur général de la RTBF), Serge Rangoni (Président de la Chambre patronale des Employeurs permanents francophones de la Fédération Wallonie-Bruxelles et Directeur général du Théâtre de Liège) et Alda Greoli (Ministre de la culture), se relaient pour annoncer le programme de la journée, rappeler l’importance de la diversité pour la RTBF, se réjouir des dons récoltés la veille lors de la soirée Cap 48, affirmer la culture et les arts comme deux piliers de toute société démocratique, énoncer la nécessité de s’adapter dans un monde qui change, vanter les mérites des nouvelles séries belges, du spectacle Tristesse… tout cela avec humour et dans le respect d’un timing serré.

Présentations faites, c’est à Steven Hearn de se jeter à l’eau. Pendant près d’une heure et toujours avec beaucoup d’humour, « l’homme d’affaire » présente son parcours, ses projets, mêlant culture et entrepreneuriat. Créateur du « Troisième Pôle », agence dont le but est d’accompagner les acteurs publics et privés dans le développement de leurs projets culturels, son entreprise s’est agrandie petit à petit, devenant une holding, qu’il préfère appeler groupe pour contrer l’image négative. Il est l’instigateur de projets divers, tels que des cours de jeux-vidéos pour les grands-parents, formés par leurs petits-enfants à la « Gaité Lyrique », à Paris. Diplômé en économie, philosophie et histoire de l’art, Steven Hearn a plus d’une corde à son arc et semble gérer, de main de maître, ses diverses activités, dont l’incubateur « Créatis » qui a accéléré le développement de plus de 500 entreprises. Après une séance de « questions/réponses » animée par Alain Gerlache, le désarçonnant parfois, l’entrepreneur quitte la place et les participants se répartissent au sein des trois ateliers proposés.

Evénements-clés de la journée, les ateliers s’axent autour de trois thèmes : le storytelling, la diversité culturelle, arts vivants et audiovisuels : de nouvelles offres pour de nouveaux publics. Chaque participant assiste à l’atelier de son choix. Celui sur la diversité culturelle offre un débat vif, mène à des pistes d’action, à des désaccords, notamment sur la question des quotas. Serge Rangoni s’affirme dans le débat, défend un point de vue engagé, son envie de faire bouger les choses. Les rires fusent, les anecdotes foisonnent, les jeux de mots s’en mêlent. Comédiens, humoristes, membres de la RTBF… aucun des participants ne garde sa langue dans sa poche. Et pour les plus timides, le repas de midi les délie. Parler de diversité est une aberration, le vivre ensemble devrait aller de soi ; et pourtant, de nombreux freins restent à lever dans le monde de la culture : les rôles sont trop souvent limités (Samia Orosemane regrette, par exemple, d’avoir été reconnue dans une émission comme « l’humoriste voilée » et non pas juste comme une humoriste. Les acteurs maghrébins sont trop souvent cantonnés à des rôles de « méchants », alors qu’eux aussi peuvent exceller dans des histoires d’amour, de héros…), le manque de diversité dans les écoles artistiques, le fait que pas mal de créations issues de la diversité n’intéressent pas les programmateurs. Des perspectives d’actions ont été soulevées : l’établissement d’une charte ; l’organisation de formations qui éclaireraient les responsables culturels sur ce qu’est la diversité ; l’éducation aux histoires de la Belgique, à celles que nous avons en commun avec d’autres peuples (mettre davantage en lumière celle de la colonisation, par exemple) ; créer un réseau pour faire tourner les spectacles issus de la diversité, créer des espaces de recherche et de rencontre.

L’atelier arts vivants et audiovisuels, quant à lui, met en avant la volonté de la RTBF de mieux représenter les arts de la scène. La rencontre est l’occasion de repérer les professionnels prêts à la soutenir en ce sens. L’extension du « tax shelter » aux arts de la scène est abordée. Différents acteurs font part de leur expérience et la captation est admise comme une bonne manière de revaloriser la culture. Le dernier atelier touche aux processus de création et de diffusion sur les réseaux sociaux : comment gagner du temps dans la production grâce aux réseaux sociaux, comment créer une campagne publicitaire, comment créer de nouveaux partenariats grâce aux réseaux sociaux...

La rencontre touche à sa fin, les différents intervenants se retrouvent dans la salle académique pour une mise en commun et quelques conclusions. Serge Rangoni s’engage à travailler à la diversité culturelle, à l’élaboration d’une charte éventuelle. La RTBF quant à elle, s’est donnée un objectif : donner à son public l’envie de regarder moins la télévision et de sortir plus !

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