Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/11/2002
Mots-clés : critique de cinéma,
 

Same Player Shoot Again de Jean Berthier

 "La vérité sort de la bouche des enfants" s'entend dire Léon, 10 ans, à l'école où l'écrivain Michel Ramon est venu à leur rencontre. Ce qui, soit dit en passant, en pleine Fureur de Lire sur la Communauté Française, tombe à point nommé.
- "C'est con! Enfin... C'est un poncif rassurant!" lui rétorque Benoît, son père du mercredi après-midi, écrivain sans succès et forcément un brin cynique et jaloux, autour d'un flipper de la nouvelle génération qui ne donne plus de partie gratuite. Eh oui, dans la vraie vie, c'est "One player, one shoot!" comme lui répond justement Léon, mais...
- "Moi, je dis une vérité tous les dix ans. Alors je ne vois pas pourquoi tu ferais mieux!"
Cependant, la maladie est là, que Benoît n'ose dire encore mais qui le rapproche de son fils. Une profonde nostalgie s'empare de nous lorsque la mort étend son ombre sur la plage où, avant que l'ambition le perde et l'éloigne des siens, il observait les reflets d'un horizon infini. Petit, au pied de cette même dune, Léon lui avait chuchoté quelque chose à l'oreille, quelque chose dont il se souvient: "C'est beau, les bateaux à voiles, sur la mer! C'était notre secret! Ce n'était pas la vérité, c'était mieux que ça!"
A demi-mots, Same Player Shoot Again respire la nostalgie d'un héros de Cervantès qui, fatigué, en proie au doute et au désarroi le plus total, reviendrait du grand large sans espoir de renverser le sablier. Pour cela le réalisateur, Jean Berthier, aura pu compter sur l'interprétation d'un Jean-Paul Comart à fleur de peau et sur la musique triste de Philippe Sarde, complétant une participation française assez exceptionnelle.

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