Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/04/2003
Mots-clés : critique de cinéma,
 

Something Fishy de Reinout Swinnen

Chaque matin, loin dans le nord, l'esquimau sort de son igloo, creuse un trou dans la glace, s'assied au bord et lance sa ligne. La nature lui procure quelques poissons qu'il ramène dans sa cahute en Frisko, où Madame Esquimau l'attend, la poêle sur le feu, prête pour le frichti. Et ainsi s'écoule la vie de l'esquimau, paisible et monotone, rythmée par l'alternance des saisons : l'hiver succédant à l'hiver, la glace à la glace et les colins aux cabillauds. Jusqu'au jour où Monsieur Esquimau se chope une allergie au poisson, en a soupé du fish stick : ras la capuche de l'anorak! Et Madame a beau s'escrimer sur sa friture, varier la bouillabaisse, plus rien n'y fait : le poisson, c'est Beurk! Mais, dans le grand nord, à part le poisson, quelques phoques et un ours polaire par-ci par-là, il n'y a pas pléthore de nourriture. Voici notre héros contraint de partir à la recherche d'une autre pitance. Et là, l'aventure commence.
L'histoire humaine est-elle donc née de l'ennui, lui-même issu de l'uniformité quand Adam, lassé de manger toujours la même pomme, au pied du même arbre, avec la même Eve, en compagnie du même serpent, s'est mis à regarder autour de lui ? Reinout Swinnen pose la question avec un charmant dessin animé traditionnel, modèle de simplicité efficace. Le dessin dépouillé, ligne claire, est supporté par une excellente narration, très bien amenée, avec le sens du rythme et du gag et une petite musique très drôle pour lier le tout. Un panel de qualités qui fait de Something Fishy, une des oeuvres les plus attachantes de la compétition belge d'Anima 2003. Seule une facture un peu trop classique l'a sans doute empêché de figurer au palmarès, ce qui nous désole.

 

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