Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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Juillet 2012
09/07/2012
 

Sur l'affaire humaine de Luc Dardenne

Après deux palmes d'or à Cannes, Luc Dardenne vient de publier Sur l'affaire humaine, un essai sur la vie et la mort, la responsabilité et le pardon, la naissance de l'enfant, comme arrivée de l'autre.

couverture du livre Sur l'affaire humaine de Luc Dardenne

Pendant l'écriture du scénario du Gamin au vélo, le cinéaste réfléchit au rôle de Cyril, cet enfant abandonné qui ramasse les coups et a peur de mourir. Il est sauvé par Samantha, une femme qui lui rend son enfance en l'aimant, en l'apaisant. « Cette première relation d'amour infini de « la mère » est pour tous les êtres humains l'embryon d'une sorte de corpus ethicum auquel ils participent. Participation qui se traduit par la capacité qu'a tous les êtres humains de ressentir la peur de mourir d'un autre. »

Luc Dardenne nous confronte au face-à-face entre soi et l'autre (Levinas), au face-à-face des visages que le cinéaste, avec Jean-Pierre, son frère, nous montre dès La Promesse et avec Le Fils dans lequel un adolescent criminel se confronte au père de sa victime. « Comment sortir de la peur de mourir sans tuer ? Voilà l'affaire humaine. » Comment vivre une solitude sans éternité ? « N'y-a-t-il pas une joie humaine, a être à plusieurs, à se rencontrer, à échanger, à être en relation, à converser ? N'est-ce pas à cette joie qui me fait oublier ma mort et me dit que la vie vaut la peine d'être vécue ».

On n'est pas loin des interlocuteurs des comédies du remariage, de cette éducation que l'on s'offre à soi-même et qui nous offre une croyance dans un monde meilleur. Luc Dardenne, le cinéphilosophe et Stanley Cavell, le philosophe du cinéma, ont en commun la croyance dans le regard du spectateur, à sa liberté de pouvoir résoudre ses conflits.


Sur l'affaire humaine, Luc Dardenne, éditions du Seuil, 206 p.

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