Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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mars 2007

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08/03/2007
 

Sur le tournage de Dernier voyage (Pierre Duculot)

Début février, Pierre Duculot était à Clermont-Ferrand pour défendre Dormir au chaud sélectionné en compétition internationale. Deux semaines plus tard, il replongeait son œil (sans y perdre les lunettes qu’il porte par moments) dans une caméra pour Dernier voyage, son deuxième court.

Pas évident de filmer dans un vrai hôpital à cause du téléphone, des lits qui traînent et des curieux en pantoufles ? Faites comme Pierre Duculot : pour ne pas déranger et être gêné, dénichez et occupez, avec votre équipe, un espace inaccessible au public. Le tournage de Dernier voyage (Monkey Productions) s’est ainsi servi, pendant quelques jours, d’une aile en travaux de l’hôpital Vésale à Charleroi. Dans les chambres généralement réservées aux patients, on tourne, on est maquillé, on se change, on grignote, on entrepose le matos. Dans le couloir, on s’accroche au combo et on veille à ce que les bruits de l’étage ne perturbent pas les répétitions et le tournage en cours. Même le coin des infirmières est occupé par la première assistante réa. !
L’intrigue, peut-être ? L’introverti Philippe, sa bourgeoise de Marie-France et leur mouflette chérie, Manon, se réjouissent de partir se faire bronzer en Espagne. Stuut (petit hommage à Marc Herman, en passant !) : la veille du départ, Mamy Huguette semble aller mal. Elle ne va quand même pas foutre en l’air le moment le plus attendu de l’année ? Mais Huguette est-elle vraiment malade ? Leila, son infirmière et confidente, en doute…
Dans Dormir au chaud, l’amitié entre deux femmes de générations et de milieux différents était déjà là, à travers des petits moments de vécu (les vaches, la couture, les repas et la danse dans le salon). Pour Dernier voyage, le thème du rapprochement est maintenu (mais zéro bestiaux. On est dans un organisme de santé, tout de même !). Autre constante : pas mal d’anciens constituent l’équipe (la comédienne Christelle Cornil, l’ingé. son, le directeur photo, la première assistante réa, le photographe de plateau, …). Et puis, d’autres têtes ont surgi comme les tulipes au printemps : Suzy Falk (actrice ayant pas mal fréquenté le Théâtre National), Carlo Ferrante (très présent dans le monde du court métrage belge), Safya Latrèche (première fois, première caméra), Léa Thonus (elle a 7 ans, tout compris et une jolie robe rose).
Les scènes du jour se tournent dans une des chambres : Huguette (Suzy Falk) est allongée dans son lit. À son chevet, son fils (Carlo), sa belle-fille (Christelle) et sa petite fille (Léa). Derrière la porte, l’infirmière (Safya) attend avec son chariot et ses répliques.
Les directives sont claires : « Silence. Répétition, s’il vous plaît. Action. OK. Coupé. On ne va pas tarder à la refaire. » On vérifie, on discute le plan, le jeu. Quelques instants plus tard : « Silence, s’il vous plaît. Moteur demandé. Ah, il y a un avion… Stop...OK, on ne bouge plus. Ça tourne. Un sur trois, première. OK ! Coupé. »
Le vécu du tournage ? Pour Carlo, il y a toujours une crainte de ne connaître un réalisateur que personnellement et pas professionnellement. Avec Duculot, il a vite été rassuré : « J’aime bien quand le réalisateur n’est pas un despote, quand il a une sensibilité, une écoute et une gentillesse. Ici, j’ai l’impression d’avoir déjà fait 50 films avec lui. » Même ressenti chez Christelle : « C’est très bizarre. J’ai un peu l’impression que tout se fait naturellement. J’entends souvent dire qu’un bon film est d’abord un bon casting. Ça ne veut pas dire qu’il faut des méga-stars. Juste que les gens collent aux personnages, qu’ils soient justes dans leur jeu et qu’ils rendent bien l’émotion du film. Ce qui me fait plaisir, c’est que Pierre m’a vraiment imaginé dans autre chose, physiquement et moralement. »
Pause déjeuner. Direction, la cafétéria de l’hôpital. L’accueil est formidable : « Bonjour, c’est pour la télévision ?! ». Ça se renseigne : « C’est quoi, les menus, aujourd’hui ? ». La régie informe, par talkie-walkie, les autres restés en haut. Et ça réagit de l’autre côté : « C’est quoi, l’accompagnement ? Ah, du chou rouge… Quelqu’un veut des frites ?».
Avant la reprise, une photo d’équipe s’organise devant le bâtiment. Pas évident de rassembler et de faire taire tout le monde (Suzy : « Il pleut. On a froid. », Christelle : « Ça y est : je me suis pété un ongle ! », Carlo : « On ne sait jamais ce que deviennent ces clichés. C’est pour l’album souvenir du réalisateur?! »). Et puis, silence. Et puis, sourire. L’avion de tout à l’heure serait-il repassé dans le ciel carolo ? Son pilote se serait-il rendu compte qu’il y avait des chouettes frites aujourd’hui ?! Il faut le reconnaître et l’accepter : on ne le saura jamais. Aargh, les mystères du cinéma…

Retrouvez l’interview de Pierre Duculot ainsi qu’un gros plan de Carlo Ferrante dans ce numéro.

 

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