Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
 

Sur le tournage de la série "La Bouse"

La Bouse (ou la vie)

Après la RTBF, Be TV lorgne aussi du côté des séries, puisque la chaîne belge vient à son tour d'entamer la production d'une série (quasi) maison de dix épisodes. La Bouse offre par ailleurs à la jeune comédienne Bérangère McNeese son premier rôle en télé.
Vu, cette année, l'entame du vaste et long processus de production de séries belges mis en place par la RTBF - avec la Fédération Wallonie-Bruxelles, via un Fonds spécifique - qui a déjà fait naître, cette année, deux belles réussites (inter)nationales (La Trêve et Ennemi Public), Cinergie a, ces derniers temps, plusieurs fois évoqué ce format bien dans l'air du temps. Et pour cause, puisqu'outre la possibilité de faire œuvrer bon nombre de nos auteurs, réalisateurs et techniciens, ces séries offrent la possibilité de mettre en avant quelques-uns de nos comédiens.

Un «Made in Belgium» cher à Be TV
Soucieuse de participer à cette émulation en se plaçant sur ce terrain-là elle aussi, Be TV, une autre chaîne belge, s'est à son tour lancée dans la production d'une série (10 X 26'), à connotation humoristique celle-là, répondant au doux nom de... La Bouse, coécrite et coréalisée par notre compatriote Charles Van Tieghem. Avec des moyens certes plus réduits que la chaîne publique, l'ex Canal + belge s'est, pour l'occasion, associé aux Français de Love My TV et à la société bruxelloise Be-Films, garantissant l'accueil de l'intégralité de ce tournage chez nous. Plus précisément, en Wallonie et dans le Brabant Wallon.

Premier rôle en télé pour Bérangère McNeese
Se présentant comme «la première «dramédie» – un terme très en vogue, dans le genre – autour du monde agricole jamais écrite», le pitch de La Bouse repose sur les (més)aventures d'Eric (Nicolas Martinez), François (Driss Ramdi) et Nono (François Pain-Douzenel), trois frères héritant d'une ferme. Peu habiles et sans véritable expérience, leur objectif est malgré tout de faire fonctionner leur établissement fraîchement acquis, tout en essayant de faire mieux que leur nouvelle voisine, Pauline Leroy, une jeune citadine bobo-hippie spécialisée dans l'agriculture biologique, du genre à exceller dans tout ce qu'elle entreprend. Un rôle principal féminin interprété par la Belgo-américaine Bérangère McNeese (notamment remarquée au cinéma dans le fameux Eyjafjallajökull de Dany Boon), retrouvée à Henripont, à deux pas de Braine-Le-Comte.
Une actrice qui, sollicitée durant quinze des vingt jours du tournage, faisait là ses débuts pour le petit écran. "Tout s'est passé assez vite, puisque ce n'est qu'un mois et demi avant le début du tournage, via un casting de Michaël Bier, que je me suis retrouvée dans cette aventure", précise-t-elle. "Celle-ci, j'avoue, est assez différente de tout ce que j'ai connu jusqu'ici. Car au niveau du timing, c'est un peu comme si on tournait l'équivalent d'un gros long-métrage, avec énormément de situations différentes à jouer. Mais c'est agréable de pouvoir tenir longtemps un personnage décalé, instable, irrévérencieux et j'espère même, touchant !"

La Bouse

Le rythme, un élément essentiel
Avec une météo délicate – où chez nous, la pluie s'est souvent invitée, en ce début d'été - et dix minutes utiles à mettre en boîte chaque jour, sans parler de multiples changements de décors et de scènes d'action - avec des animaux -, la comédienne, formée au cours Florent et au Conservatoire de Paris, évoque surtout l'intensité du tournage. "Pour que celle-ci soit un peu atténuée sur place, nous avons heureusement eu l'occasion de faire quelques lectures d'équipes en amont. Cela nous a permis d'être attentifs à bien garder le rythme, point essentiel dans ce projet. Pour le reste, nous avons bourlingué de ferme en ferme, en croisant chevaux, chèvres et cochons."
Dans les nombreux rôles à pourvoir du casting, on retrouve une pléiade de comédiens belges. On épinglera en particulier Chantal Pirotte, jouant la grand-mère délurée et râleuse des trois frangins, mais aussi Olivier Massart, Renaud Rutten, Charlie Dupont, Erico Salamone, Jean-Luc Couchard ou encore, Anton Kouzemin et Christelle Cornil, parmi bien d'autres.

Campagne, malbouffe et agriculture bio
Bien que La Bouse s'inscrive dans un registre purement comique, avec un lot de situations aussi improbables que rocambolesques, les auteurs entendent, en filigrane et sans réelle prétention, apporter un regard différent sur le milieu campagnard, la malbouffe et pourquoi pas même, susciter l'un ou l'autre débat autour de l'agriculture responsable. "C'est une expérience assez enrichissante", ajoute encore Bérangère. "J'avoue être quelqu'un qui aime avoir le contrôle sur les choses. Il m'a donc fallu avoir complètement confiance en ce projet, mais c'est le cas ! Puis, c'est peut-être un peu cliché de le dire, mais l'aspect communautaire d'un tournage au long cours, ça reste un sentiment toujours agréable."

Résultat début 2017

La BouseÀ peine remise de ce tournage éreintant, la comédienne de vingt-sept ans, qui vit durant l'année entre Bruxelles et Paris, a enchaîné celui de Frangines, une websérie tournée dans le cadre du dernier appel à projets pour la RTBF, où elle campe là aussi l'un des rôles principaux. Par ailleurs, avec son compagnon Guillaume De Ginestel, elle boucle le montage des Corps Purs, son deuxième court-métrage auto-produit après Le Sommeil des Amazones, qui a trusté de nombreux prix en Belgique et à l'étranger. Un cumul de fonctions atypique, mais dans lequel elle avoue avoir trouvé son équilibre : "J'ai toujours voulu être comédienne, mais j'aimerais poursuivre ces deux activités. La réalisation est surtout liée à ma cinéphilie et à l'envie de raconter des histoires avec des personnages que je connais. Et peut-être, aussi, à une frustration personnelle d'avoir souvent eu à jouer des ados un peu trop typiques." Pour voir le résultat de La Bouse, le rendez-vous est pris sur petit écran début 2017, sur OCS en France, sur Be TV chez nous. Et une saison 2 n'est déjà pas à exclure...

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