Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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juin 2010
02/06/2010
Mots-clés : court métrage,
 

Table ronde autour du court métrage

Bruxelles - Théâtre Mercelis - 4 mai 2010
Dans le cadre du dernier Belgian Short Films Festival, se déroulait, sous l’égide du Centre du Cinéma de la Communauté française, une rencontre particulière qui réunissait différents intervenants du CCA et un public nombreux composé de néophytes, de producteurs aguerris et autres acteurs en tout genre du court métrage belge francophone.

De l’aveu même du CCA, cette réunion était une séance de rattrapage pour le court métrage, en raison de la grande mobilisation qui avait rassemblé toutes ses forces autour de la problématique du long métrage et ensuite du documentaire. Plusieurs années se sont écoulées sans que l’on sente une véritable préoccupation pour la production de courts métrages dans son identité propre : une œuvre à part entière et pas nécessairement l’ébauche d’un long. Avec cette table ronde, c’est réparé. Elle s’installe dans un premier prolongement de contacts avec les professionnels concernés. Elle sera suivie d’autres contacts plus élargis pour déboucher à des conclusions présentées au prochain Festival du court métrage de Namur en novembre.

L’initiative était souhaitée. La voilà donc concrètement lancée dans un contexte où force est de constater que la production professionnelle et régulière de courts métrages n’est l’apanage que de quelques maisons de production. Sur les cinq dernières années, 9 structures seulement ont produit plus de 5 courts métrages quand 45 autres n’en produisaient qu’un seul ! Par ailleurs, 2009 était l’année de la sévérité dans le chef de la Commission de Sélection puisque jamais il ne fut dépensé aussi peu d’argent en faveur du court avec un manque à gagner pour le genre de l’ordre de 150 à 200 000 euros. Moins de 15% des projets déposés furent soutenus.

Les différents intervenants ont tenu à (re)préciser les aides existantes et leur modalité pour soutenir la production de courts, auxquelles se sont ajoutés récemment l’apport en coproduction de la RTBF et celui du tax-shelter légalement autorisé depuis le 1er janvier de cette année.

Le nouveau décret, toujours soumis à l’avis de l’Europe, continue d’inquiéter une bonne partie des réalisateurs et producteurs. Il est vrai qu’atteindre 2 conditions sur 3, à savoir soit 8.000 entrées en salle dans le cadre de l’avant-programme (de plus en plus rare), soit un certain nombre de sélections dans des festivals désignés par la CFWB, soit un achat par une chaîne d’envergure nationale, revêt un caractère discriminatoire pour certains.Une chose est certaine : la diffusion nationale de nos films n’y trouvera aucun encouragement, et c’est bien là où le bât blesse. Cette diffusion n’a jamais été aussi pauvre. Il semblerait cependant que l’arrivée du tax-shelter puisse nous faire envisager de nouvelles actions pour une meilleure visibilité.

Enfin, on peut également regretter un total flou artistique entre les associations professionnelles défendant les causes du court métrage qui se targuent tantôt d’avoir obtenu des résultats, et tantôt dénoncent ce que d’autres obtiennent sans concertation, et ainsi de suite… Dans ce méli-mélo, il n’existe, en fin de compte, aucune association regroupant en son sein une bonne connaissance du terrain, un véritable programme tenant compte de la diversité des motivations des auteurs, et surtout un souci de protéger un genre dans tout ce qu’il représente de plus noble au-delà des intérêts personnels : une œuvre d’art à part entière aux facettes multiples.

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