Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
 

The Artist

Maintenant, on se calme 

Après l’hystérie des tapis rouges, les couvertures des magazines, les interminables reportages en prime time, et cette crème de la critique qui crie au chef-d’œuvre, voici venue la sortie DVD tant attendue de The Artist.

Depuis des années, Michel Hazanavicius revisite les codes d’un cinéma qui nous a fait rêver. Depuis 20 ans, il détourne les classiques pour nous faire rire, rêver et parfois même, envisager les choses autrement. Tout le monde se souvient de cet ovni, Le Grand détournement, composé d'extraits de films de la Warner Bros, réalisés entre 1952 et 1980, parodiant John Wayne, Burt Lancaster, Dean Martin sans oublier Orson Welles débutant le film par cette réplique devenue culte « Je n’aime pas les voleurs et les fils de putes ».

Après avoir adapté les romans OSS 117 de l’écrivain français John Bruce, qui remaniaient l’univers du polar et plus particulièrement celui de la série «James Bond», on aurait peut-être pu s’en douter, Monsieur Hazanavicius s’attaque au film muet des années trente !

Le thème du film n’est pas franchement original : un acteur célèbre du muet, à qui tout réussi, tombe dans l’oubli à l’arrivée du cinéma parlant. Ce projet culotté, il faut l’admettre, est une réussite qui transforme l’exercice de style en moment de plaisir. Il réunit à l’écran, pour la deuxième fois, le duo Dujardin/Bejo qui nous offre une performance d’acteur impeccable.

Le réalisateur parvient à sacraliser, dans nos deux personnages, les traits de Charlot : Peppy Miller (Bérénice Bejo) un brin maladroite mais à qui la chance sourit, George Valentin (Jean Dujardin), gracieux, hautain, qui finit par sombrer dans le désespoir. Sans oublier la perfection des chorégraphies qui nous feraient retomber au temps de Fred Astaire et Ginger Rodgers. En utilisant les cartons comme relais comique, le cinéaste signe une mise en scène chaplinesque plus que maîtrisée. Sans parler de ce noir et blanc qui nous berce tout au long du film. Pas de doute, Michel Hazanavicius connaît le cinéma de ses pères, les codes qui lui sont propres, et sait leur rendre hommage.

Il est cependant regrettable de constater que ce remake, pourtant très bien ficelé, remporte les prix les plus prestigieux du cinéma mondial. N’est-on pas en droit d’attendre des prix qu’ils servent à mettre en avant l’inventivité, l’originalité, la pertinence de propos ? Il est donc, sans aucun doute, étrange, qu’un bon film des années trente remporte les statuettes en 2012.

Mais The artist a au moins pour grand mérite de donner envie de se replonger, ou tout simplement de découvrir, ce cinéma magique. 

En ce qui concerne les bonus de ce DVD, les rubriques habituelles : bêtisiers, making of, interviews du réalisateur et de la comédienne. Il est très agréable d’être plongé dans l’ambiance de ce tournage et de comprendre comment on fabrique un film muet aujourd’hui. 

The Artist de Michel Hazanavicius, édité par Cinéart et diffusé par Twin Pics.

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