Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/02/2000
 

The Last Words de Wim Vandekeybus

The Last Words

Le Christ habite dans les humides ténèbres labyrinthiques des catacombes, apparemment sur le site de Tour & Taxi, près du canal, à Bruxelles. Débrouillard, peut-être roublard, il vend des mots aux âmes errantes qui en haillons, font commerce selon la saison de poulets ou de poissons. La misère règne, mais les gens paient pour boire ses paroles, et à d'autres, il vend des cris. A une pauvrette tuberculeuse, une toux, et à Sandrine Laroche, une imitation d'orgasme : c'est pour son mari. La mission est étonnante mais son principe est simple : l'homme qui peut dire aujourd'hui ses dernières paroles, celles qu'il prononcerait au moment du dernier soupir, se donne l'occasion de vivre une expérience rétroactive. Il s'agit en quelque sorte de se remettre en question, et d'ouvrir les yeux sur ce qui, vraiment, aurait dû compter. Toutefois, il est une chose que le Christ n'a pas le temps de préciser : si par hasard, vous en veniez à apprendre vos ultimes maux, ne les dites pas à haute voix ! Ce serait vous condamner, et le roi de cet étrange monde, trônant tel un bouddha psychopathe, qui fait régner la terreur sur ses sbires psychotiques, l'apprend à ses dépends...
Inspiré par deux nouvelles de l'écrivain politique Julio Cortazar, Wim Vandekeybus mène son très beau plan séquence jusqu'à une révolution de palais, qui tourne assez vite à l'anarchie incontrôlable. Le prophète croyait bien faire, c'est à en perdre la tête !

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