Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/09/2000
 

Thierry Zéno

 

Thierry ZenoNé à Namur en 1950, Thierry Zéno, hantait un ciné-club animé par un abbé très cinéphile qui lorsqu'il projeta Les Amours d'une blonde, en 1967, épouvanté par la chair pulpeuse d'Hana Breejchova que dévoile sans façon Milos Forman, mit sa main entre l'écran et le projecteur. Ceci décida Zéno à donner à voir ce qu'on lui cachait avec autant de persévérance (pas seulement l'érotisme mais le refoulé de la société). Inscrit en 1968 à l'IAD, il tourne dès 1971, Bouche sans fond ouverte sur les horizons, un premier film réalisé avec des normes professionnelles, qui est aussitôt acheté par l'ORTF. Ce qui lui permet de s'offrir sa première caméra et de travailler sous les casquettes de cameraman (il a fait l'image de presque tous ses films), de réalisateur et de producteur.
Pour Thierry Zéno, le cinéma étant un artisanat, il est nécessaire d'en gérer les outils économiques (décider des délais de finition d'un film), avoir la liberté créatrice du réalisateur et aussi ce plaisir d'être derrière la caméra ainsi que de passer du documentaire à la fiction, de décider du format et de la durée.
En 1974, Vase de noces, son premier long métrage de fiction fait sensation au Festival Exprmtl de Knokke. Ensuite il co-réalise avec Dominique Garny et Jean-Pol Ferbus, Des morts. Zéno pense qu'une des caractéristiques de ce métier est de pouvoir donner la parole à quelqu'un qui veut s'exprimer, mais n'en a pas les moyens, que ce soit un malade soigné dans un asile psychiatrique, un indien qui veut crier sa douleur et dénoncer l'injustice, ou les mourants que personne ne veut écouter. En 1982, il fabrique Ciné-tics, un film expérimental qui devait se jouer avec des petites bobines, (le cinéma considéré comme une performance plutôt que comme 24 images par seconde projetées sur une toile), puis il réalise, en 1986, Artifices d'acier, un court métrage sur le sculpteur Olivier Streubel.
Il rencontre Ionesco au moment où celui-ci ne fait plus que de la peinture et du dessin. Après lui avoir montré Les Tribulations de Saint-Antoine, Ionesco s'exclame : " Vous, vous pourriez faire un film sur moi qui ne me décevrait pas !" Aussitôt dit, aussitôt fait, et c'est Eugène Ionesco (1987).
Puis vient le diptyque sur les indiens Chiapas, Chroniques d'un village Totzil et Ya basta ! Le cri des sans visage suivit du diptyque sur Félicien Rops, Les Muses sataniques et Ce tant bizarre monsieur Rops.
Devenu directeur de l'Académie de dessin et des arts visuels de Molenbeek, il nous en explique dans le même numéro les raisons et le programme.

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