Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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Mars 2003
01/03/2003
 

Thomas est amoureux de Pierre-Paul Renders

Jaquette de Thomas est amoureux de Pierre-Paul Renders Le film de Pierre-Paul Renders vient de sortir en DVD. Vous me direz que c'est logique pour une bande dont le sujet et l'esthétique renvoient au numérique. Nous vivons dans un environnement de médias que nous pourrions définir en reprenant la célèbre formule de Marshal McLuhan : « The medium is the message ». Dans la société à peine futuriste dans laquelle vit Thomas, les images, la représentation de la réalité dominent, d'où l'isolement et la solitude que ressentent les individus qui y vivent et Thomas, en particulier, qui est agoraphobe et sociophobe ! Son psy lui conseille de s'inscrire dans un club de rencontres. Parmi les diverses femmes qui lui sont proposées, Mélodie l'attire. Atteint par la flèche de Cupidon auquel personne depuis trois mille ans n'a pu résister, Thomas tombe amoureux d'elle. Va-t-il découvrir que la vie, c'est la curiosité vers l'autre, les sentiments, la chair, que le désir s'inscrit davantage dans le vivant que dans le flot continu de la représentation? Suspense, les mecs, et on ne vous offre pas un joystick pour changer la fin.

Le Dvd, outre un chapitrage avec icônes, vous offre trois scènes inédites du film dont l'une où Micheline Hardy (la mère de Thomas) montre ses qualités de comédienne, et un plan de Catherine Graindorge qui vaut son pesant de cacahouètes. Mais la partie la plus instructive est celle nommée Sextoon. On y découvre que Clara, la belle créature virtuelle qui fait l'amour à Thomas et dont le portrait orne l'affiche du film a été composé à partir de deux modèles vivants. L'une a composé les expressions du visage tandis que l'autre a mimé les expressions du corps. Tout ceci nous est montré sous le regard vigilant du réalisateur qui dirige l'opération de main de maître. Le making off nous offre les commentaires de Pierre-Paul Renders, de Philippe Blasband qui a écrit le scénario du film, de Benoît Verhaert dont on entend la voix et qu'on ne voit jamais dans le film. Ici, on devine à quoi il ressemble, le réalisateur ayant eu la malice de le filmer à contre-jour. Benoît Verhaert, donc, nous explique, en ombres chinoises, qu'il a été filmé face à une caméra vidéo qui lui montrait l'image de son correspondant et qui était munie d'un prompteur. Le réalisateur nous explique le travail considérable effectué en post-production : faire du faux avec du vrai semble plus compliqué que l'inverse !

Le bonus comprend également un diaporama, la bande annonce et, cerise sur le gâteau, la Tendresse, le film que Pierre-Paul Renders avait réalisé pour Les Sept Péchés capitaux. Ceux qui ne le connaissaient pas découvriront les similitudes entre les deux films.

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