Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/11/2004
Mots-clés : critique de cinéma,
 

Tiga au bout du fil de Patrick Theunen

Tiga au bout du fil

L'atelier Graphoui, dont on sait l'intérêt qu'il porte aux coproductions avec les pays du Sud, nous revient du Burkina Faso avec le deuxième court métrage d'animation de Rasmane Tiendrebeogo. Il s'agit d'une animation de marionnettes de facture artisanale, à l'africaine, qui nous plonge avec la faconde des griots dans la vie quotidienne des quartiers de 'Ouaga'. Tiga est l'homme à tout faire d'un riche marchand de la ville. Un jour, son patron lui confie sa maison, et part en oubliant son téléphone portable. Tiga ne peut résister à l'envie de 'frimer' avec l'appareil, faisant croire qu'il est désormais le bras droit du patron. Très vite, les sollicitations de ses copains, de sa petite amie arrivent sur le portable et Tiga est dépassé par la situation tandis que son patron qui se croit volé essaye de récupérer son bien. Avec un humour typique de l'Afrique de l'ouest, et sous des allures de conte moral, Tiga au bout du fil nous parle de problèmes bien contemporains : la mondialisation forcée, le choc culturel qu'elle représente. La difficulté pour tous de se situer entre l'identité traditionnelle et une modernité qui trace sa route à marches forcées. Des rapports sociaux qui ne sont pas sans rappeler les vieilles habitudes coloniales, entre riches, éduqués à l'occidentale et pauvres qui ne reçoivent du monde moderne que des échos déformés.

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