Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/03/1999
Mots-clés : rencontre, tournage
 

Tini et son jules

Tini et son jules

Séquences

Tini Les électros, les machinos, les stagiaires s'affairent avec application dans un froid que le vent rend plus aigu. Il prend la tête, pique les mains, engourdit les pieds. Les rails d'un travelling sont posés sur les pavés de la rue Gaucheret, pas loin de la gare du Nord. Ella Van den Hove, la cadreuse, installée sur une dolly, a l'oeil collé au viseur d'une caméra Aaton S16 munie d'un zoom Canon 10,5-50. Face à elle, dans le viseur de la caméra, une Citroën dans laquelle ont pris place les deux vedettes du film : Annie Cordy et Charles Aznavour.
Take one. La voiture s'engage dans la rue, freine doucement, suivie par la caméra qui, l'accompagne jusqu'à l'arrêt et pivote pour saisir Colette (Annie Cordy) et Baldi (Aznavour). Tous deux sortent de la voiture pour se rejoindre derrière celle-ci. De là ils pourront observer les allées et venues de Stan (Jérémie Covillaut) qui va jaillir sur une moto et s'évanouir aussitôt dans les rues avoisinantes. "On a un problème de raccord lumière" constate Jean-Claude Neckelbrouck, le chef op. du film, l'intérieur de la Citroën étant plus sombre que l'extérieur. Il le résout à l'aide d'un HMI sur laquelle on place du calque pour diffuser la lumière. "En place! Moteur! Ca roule!" Take Two. Michel Mees, le réalisateur, le regard posé sur le moniteur de contrôle, suit l'action et la commente d'un sourire amusé: "Parfait! Mais bien que celle-là soit bonne, on va s'en faire une petite dernière!"
Tini fait partie d'une série centrée sur le personnage de Baldipata (t'as pas dix balles, en verlan). Tini (Laura Martel), la petite fille de quinze ans de Colette, a fugué. Celle-ci demande à Baldi de l'aider à la retrouver. Le duo de choc débarque à Bruxelles, un jour de Saint Verhaeghen. Ils découvrent assez vite que Tini mélange bière, vodka, médicaments et sentiments en compagnie de Stan, un étudiant dont elle s'est éprise et qui est porté sur l'alcool et les fêtes estudiantines

Réalisation
"Après avoir passé de longues années dans le documentaire historique, je reviens à la fiction, nous confie Michel Mees, le réalisateur de Blanval. J'ai participé à la série "Jours de guerre". Comme je travaillais avec des images d'archives, des témoignages, j'ai été étiqueté documentariste historique. En 1998, j'ai terminé D'Auschwitz à Jérusalem qui est la conclusion de l'épopée des juifs pendant la guerre 40-45, l'étoile jaune, leur arrestation, les camps de concentration, d'extermination, la libération des camps, le retour des camps, les enfants cachés, et Le retour à Jérusalem qui raconte le retour des juifs belges en mai 1948. Je trouve formidable de pouvoir passer de la fiction au documentaire, de pouvoir alterner, ça permet de pouvoir se ressourcer. L'idéal, pour moi, serait de continuer à alterner fiction et documentaire.
On m'a proposé Tini un peu dans l'urgence parce que le réalisateur qui était pressenti avait renoncé à réaliser le film. La fiction me manquait, j'ai donc accepté. Après avoir pris connaissance du script j'ai eu plusieurs réunions avec David Pharao, le scénariste. J'ai fait des propositions sur les dialogues mais la structure globale est restée telle quelle. Puis, on a eu une réunion avec Annie Cordy qui a proposé une série de choses dont on a tenu compte. Ma participation ressemble davantage à du fignolage qu'à un travail d'écriture.
Pour le casting, hormis les deux premiers rôles, j'ai eu ce que je voulais. Patricia Houyoux est l'un de mes choix, elle tient sa place et son rôle face à Annie Cordy et Charles Aznavour. Se frotter à eux, c'est un peu ça le défi. Mais on a bien accroché. Ils sont charmants et ouverts, je leur fait des propositions de modifications, de répliques et tout fonctionne très bien.

Interprétation
Après avoir appliqué du correcteur de teint, Antonella Prestigiacomo retouche la coiffure d'Annie Cordy. "C'est pas une série dans laquelle j'apparais toujours,. nous précise-t-elle, le regard vif, face au miroir. J'ai fait la première fiction de Baldipata que l'on a tournée en Hongrie .C'est devenu un personnage récurrent pour Charles mais pas pour moi. Colette, dans Baldipata, recherchait son fils, en prison dans un pays de l'Est. Dans Tini, je reprends le personnage, je vis dans un studio et m'occupe des SDF. Un jour, je reçois un courrier qui m'apprend que ma petite fille a beaucoup de problèmes à Bruxelles. Je redemande donc à Baldi de m'accompagner -- vous savez que les femmes arrivent toujours à leurs fins -- pour récupérer Tini. On va encore se bougonner tous les deux mais, vous vous en doutez, c'est mon bougon préféré! .Hormis le temps frigorifiant, ça se passe très bien. D'autant que j'ai retrouvé plein de copains dans l'équipe technique que j'avais rencontrés pendant le tournage d'Impasse de la vignette le film qu'Anne-Marie Etienne a réalisé à Bruxelles.

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