Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/03/2004
Mots-clés : critique de cinéma,
 

To Lose One's Way de Maik Hagens

Le trou de mémoire

Un vieux couple dans son salon. Pas un mot n'est prononcé entre eux, mais la voix de la femme nous parvient, lancinante, plaintive. A première vue, il s'agit de deux personnes tellement habituées l'une à l'autre qu'ils ne se parlent même plus. Pourtant, lentement, les griefs de la femme envers son mari apparaissent. Que fait-il toujours assis dans ce fauteuil, sans bouger, à attendre ? Ses petites habitudes, son silence, son inaction qui frôle l'apathie l'agacent. Ne pas oublier d'aller faire les courses, de lui apporter son cigare, son cendrier et son verre d'alcool. Et puis qui est cette femme dont elle croise de temps en temps le regard et qui lui rappelle quelqu'un ?
Ca commence comme l'histoire d'une femme victime du marasme de son mariage, vivant avec un homme sans attention pour elle, dont elle doit prendre soin ; une victime du temps qui passe, de l'âge, des habitudes. Petit à petit s'installe une pointe de jalousie, d'étrangeté par l'évocation de cette femme, cette autre qui lui dit vaguement quelque chose, qu'elle pense avoir déjà vue. Mais elle a oublié, sa mémoire lui fait parfois défaut. L'étrangeté se transforme alors en folie douce amère, celle de l'oubli, avec une nouvelle perspective, un second point de vue. Car la victime n'est pas toujours celle que l'on pense.

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