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01/09/2003
Mots-clés : santé mentale, sortie
 

Tout court

« Tout court » va entamer sa seconde saison. Nous avons essayé de faire le bilan d'une émission devenue emblématique pour le court métrage et qui fait l'objet d'une synergie multimédia entre La Libre Cinéma et notre webzine, cinergie.be. Entretien avec Renaud Gilles, le producteur et maître d'oeuvre de l'émission.

 

Cinergie : Tout court, entame sa seconde saison. Il reste, comme étant, sur la deux/RTBF, le magazine du court métrage belge ?
Renaud Gilles : Tout a fait. Avec une récurrence mensuelle. On se bat pour avoir une récurrence plus fréquente et d'une plus grande diversité. Nous avons proposé à Karine Bratzlawski, la directrice de la deux/RTBF, un projet permettant d'ouvrir cette case à davantage qu'aux courts métrages de fiction. Egalement aux films de types documentaires et reportages de qualité qui soient belges et toujours dans la même logique consistant à faire une présentation face caméra de leurs auteurs.
En dehors de la case « Tout Court », la deux/RTBF a pris l'habitude de diffuser, tous les lundi, un court métrage de fiction. Mais qui ne sont pas des premières diffusions.

C. : Peut-on envisager une édition en DVD des courts métrages diffusés par « Tout Court » ?
R.G. :
A l'heure actuelle se serait précipiter les choses. La RTBF, avec le plan Magellan, est en train de se restructurer. Effectivement la RTBF est une source inépuisable d'archives et il n'y a pas que pour le court métrage qu'on pourrait envisager dans la production de DVD. On va fêter, comme vous le savez, les 50 ans de la télévision. Ce sera peut-être le démarrage d'une nouvelle conception au niveau de l'édition de programmes puisqu'ils vont sortir l'ancienne série des «Galapiats ». Une fois que le processus sera en marche on peut imaginer que le secteur édition se développe en profitant de nos archives.

C : L'une des difficultés du court métrage c'est son format atypique. Comment faire pour attirer un public jeune vers cette forme de cinéma qui produit souvent des choses singulières ou surprenantes ?
R.G. : Les médias évoluent très vite. Maintenant il y a Internet et il est considéré, comme un troisième média, au sein de la RTBF. Ses concepteurs ont créés de nouvelles pages. qui s'appellent I-média. C'est une manière d'informer les jeunes. Au niveau de la diffusion et de la promotion des programmes, il y a déjà tout un travail qui s'installe. On le sait tous il faut le temps que ce soit généré que ça arrive jusqu'aux spectateurs potentiels. De toute façon, moi je suis ravi de la synergie qui existe entre « Tout Court » la RTBF, Cinergie et La Libre Belgique parce que ça aussi c'est une manière d'alerter le téléspectateur quel qu'il soit, jeune ou moins jeune, de la diffusion de l'émission.
Mais il est vrai qu'une des difficulté du court métrage c'est son gabarit qui n'est pas toujours adapté au média télé lequel divise son temps d'antenne en programmes fixes. Le court métrage a cette particularité de durer à 1'30  (animation) à parfois 31'. Dans « Tout court » on s'est donné un programme de 26'. Et on a tenu le pari de diffuser un court métrage de qualité accompagné de la présentation de son réalisateur. C'est parfois frustrant. D'abord la frustration de ne pas pouvoir parler d'autre chose que des films de fiction et d'autre part la frustration de devoir mettre de côté tous les petits courts métrages.
Mais le grand combat qui a été gagné jusqu'à présent c'est d'avoir sorti le court métrage du simple réseau de produits d'insertion entre deux programmes.

C. : « Ça tourne », le magazine mensuel du cinéma passe du mensuel à l'hebdo. Y a-t-il un souci éditorial particulier ?
R.G. : On a toujours été frustré d'avoir cessé TéLéCiNéMa, émission hebdomadaire d'être passé à une version mensuelle qui est « Ça tourne ». Un mensuel consacré au septième art n'est pas une mauvaise chose, en soi, mais pour ça il faut un cahier des charges plus conséquent. Lors de l'évaluation de l'émission tout le monde s'est trouvé frustré de la récurrence mensuelle. Le cinéma est l'un des programmes les plus attractifs qui soient et proposer cinq films par mois au téléspectateurs, c'est un peu maigre. On nous a proposé un bimensuel ce qui est tout aussi frustrant. Lorsque j'ai demandé quel serait l'autre bimensuel on m'a répondu que ce serait « Smoking & baskets ». D'où l'idée d'associer les deux. C'est une bonne chose parce que personnellement, je n'ai jamais compris les clivages entre actualité cinématographique et la culture en général. Donc, à la rentrée, le 4 septembre, on aura un magazine reprenant l'actualité couverte par l'ex-« smoking& baskets» associé à l'actualité cinématographique couverte par « Ça tourne » mais de manière hebdomadaire.
L'émission sera tardive mais aura l'avantage d'échapper à la manie du zapping parce qu'étant diffusée après le programme de soirée des chaînes concurrentes. Le spectateur n'aura donc pas à couper le programme qu'il regarde pour voir notre émission. Ils pourront découvrir un programme qui commence et ils vont - on l'espère - rester chez nous.
Comment va être « Ça tourne » ?  Le spectateur s'attend à autre chose qu'un agenda et qu'un magazine. On va donc proposer au spectateur un journal d'information culturelle de manière à ce qu'à la veille de son week-end, il sache ce qu'on lui suggère d'aller voir. Il y aura le travail de rigueur dans le travail d'information qu'on avait dans « Ça tourne », avec un regard critique. Notre challenge est de faire sortir le public de chez lui afin qu'il puisse faire des découvertes.
On va essayer, en fonction des événements, de la même manière qu'on le faisait l'an passé, de sélectionner le ou les pièces de théâtre, l'exposition incontournable, les films à voir.
Notre job sera de mettre la lumière sur tout ce qui se passe dans notre milieu culturel de la Communauté française. Avec l'opportunité pour nous d'aller sur des tournages. Je suis en pourparlers actuellement pour faire une émission - et non un reportage - sur La Femme de Gilles, le prochain tournage de Frédéric Fonteyne. L'idée étant d'emmener par la main le spectateur, de lui parler d'expositions, de théâtre en plein milieu d'un tournage. C'est un défi fabuleux.
Par ailleurs, parallèlement à cela, pourquoi ne pas imaginer un magazine consacré au septième art, au sens large du terme. Le cinéma en général et non pas seulement son actualité. C'est un vieux rêve mais pourquoi ne pas l'envisager.

C. : La deux est devenue la chaîne de référence du cinéma. Mais il semble que dans la nouvelle programmation de la RTBF, le cinéma soit davantage présent que l'an dernier.
R.G. : J'en suis ravi. Il est vrai qu'il a fallu que je fasse mon deuil de TéLéCiNéMa, parce que c'était une émission qui était emblématique. La Une/RTBF revient au cinéma, tant mieux. Mais par ailleurs je reviendrai à mon discours sur le service public : ce n'est pas parce qu'un programme marche moins qu'un autre programme dans la même veine sur une autre chaîne concurrente que ce programme n'est pas de qualité. Nous sommes là également pour apporter la qualité au public. S'il veut voir quelque chose de différent il faut le respecter mais il faut savoir aussi se démarquer en montrant qu'on prône la qualité et y croire.


Matthieu Reynaert et Jean-Michel Vlaeminckx
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