Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/06/2005
Mots-clés : sortie en DVD,
 

Tout le plaisir est pour moi d'Isabelle Broué

Film minoritaire belge (K2 de Dominique Janne) et majoritaire français (Elzevir Films), le film d’Isabelle Broué conte les aventures de Bécassine au pays du sexe, c’est-à-dire des fragments d’infini. Louise (Marie Gillain, d’une naïveté désarmante) vit les plaisirs d’une sexualité ou le plaisir est lié à celui du clitoris jusqu'à ce que, Cupidon lui envoyant l’une de ses flèches fatales, la mécanique se bloque. Fini le plaisir, même solitaire ! Louise se met en tête via divers accessoires modernes (gode), anciens (concombre) et accessoiristes (sexologue) de retrouver les sensations perdues. N’hésitant jamais à mettre les pieds dans le plat, à renverser le jeu de quille social, elle indispose son entourage (parents et amis) en espérant reprendre son pied. Elle bouscule, dérange, devient insupportable et, tiens donc, à la limite de l’hystérie découvre la jouissance en assumant ses sentiments amoureux. Un scénario sur une trame quasi-psychanalytique même si le clitoris, comme signifiant majeur, en rabat les oreilles de plus d’un.
Comédie légère, parfois too much (on pense à la robinetterie défaillante du voisin qui inonde l’appartement de Louise en plein blocage du plaisir – à moins qu’il ne s’agisse d’un clin d’œil à Imamura) Tout le plaisir est pour moi s’est tourné en pleine grève des intermittents du spectacle en France. C’est ce que nous apprennent les nombreux bonus pour la plupart commentés par la réalisatrice que ce soit le making off du film (chaleur caniculaire de l’été 2003) ou les scènes coupées qui nous offrent une belle confrontation entre Marie Gillain et Tsilla Chelton (Tatie Daniel). Vive le DVD, nous explique Isabelle Broué permettant de conserver la trace de scènes coupées qui sans cela seraient vouées à l’oubli. En outre les suppléments nous font découvrir, À Corps perdu, un court métrage de 26’ de la réalisatrice de Tout le plaisirest pour moi, les ravages d’un viol sur une jeune femme caissière dans un grand magasin et solitaire. Celle-ci en devient presque mutique affectivement. Elle quitte la province monte à Paris comme on part en Amazonie pour fuir son cauchemar. Un film très sobre avec beaucoup de non-dit et d’ellipses. Une belle fin ou la jeune femme parvient enfin à extérioriser ses sentiments (culpabilité, haine de soi, peur des autres).

Tout le plaisir est pour moi, Isabelle Broué, DVD Belga Home Vidéo.

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