Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
Webzine
Octobre 1999
01/10/1999
Mots-clés : critique de cinéma,
 

Travellinckx de Bouli Lanners

Autre méthode pour débrouillards aux poches trouées : ficelé à coup de petits billets de mille balles par cent vingt (!) producteurs, l'artisanal Travellinckx de Bouli Lanners. Avec un culot qui n'a d'égal que son intelligence, le film s'attaque au souvenir noir et brûlant d'un fait (vraiment) réel - l'évasion d'un certain Dutroux - et à la soudaine prise de conscience de l'homme ordinaire : asthmatique, hypocondriaque et contaminé par l'amiante de son radiateur. Braqué sur sa propre petite personne et sur le ridicule testament vidéo qu'il adresse à des parents qui ne m'aimaient pas, Didier arrête sa camionnette entre deux mièvres souvenirs d'enfance, hurle sa honte d'être belge au bord d'une prairie ardennaise, et prend sa tension avant de foncer jusqu'au domicile de la famille Russo : si l'ignoble individu en cavale osait s'y pointer, il lui casserait la gueule. Evidemment, même si on l'a vue cent fois à la télévision, on peut se tromper de maison. Et puis, parfois, la police retrouve la piste des méchants : tant pis, on sera héros une prochaine fois, et les palpitations reprennent. Ça ressemble à du work in progress, et la carrière du sympathique Bouli ira sans aucun doute dans le même sens : acteur de formation, on n'a pas sa langue en poche.

 

commentaires propulsé par Disqus