Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/11/2008
 

Triangle de Johnnie To

Juillet 1997 : rétrocession par les British d’Hong Kong, Kowloon et les nouveaux territoires à la Chine. Echéance fatidique lourde à la puissance deux, malgré un lâché de ballons rouges riche en symboles. Le cataclysme va-t-il avoir lieu ? Beaucoup de Hongkongais fuient au Canada et en Australie.
Que vont devenir Tsui Hark (Blade), Ringo Lam (City on fire), Johnnie To (Loving You), ces maîtres du gunfight chorégraphié d’Hong Kong, dont les films ont envahi le public asiatique. L’inertie s’installe chez les cinéastes hongongais.

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triangle
Wong Kar-wai, avec Chritopher Doyle (l’appartement de ce dernier, à Hong Kong, figure dans Chungking Express, c’est celui de matricule 663) Wong Kar-wai donc, se lance à la recherche du temps perdu en évoquant, dans les prestigieuses années 60, le temps retrouvé (In the mood for love2046). Ringo Lam et Tsui Hark vivent un exode aux Etats-Unis qui leur sera moins profitable que celui du romantique John Woo (The Killer) qui cartonne en Amérique avec Face off
Johnnie To Kei-Fung disparaît pendant un an, avant de relancer sa caméra dans ses prodigieux travellings qui balaient les rues d’Hong Kong. To, c’est la rapidité et la virtuosité de la mise en scène. Il filme comme on respire, sans le moindre hoquet. Il fonde, avec son compère Wai Ka-fai, le studioMilkyway Image Co, avec une méthode de travail qui se sert de l’économie en basse intensité. To is back. Tout To (PTU, Breaking News, Election1 et 2Exilé). Hong Kong renaît des cendres de la rétrocession. Reste la mort de la légende du "Hong Kong movie" qui rode, devenue insaisissable dans la nuit des temps.
Les infiltrés du néo-Hong Kong chinois développent de nouveaux néo-polars avec Infernals Affairs I, II, III et Confession of pain d’Andrew Lau Wai-Keung et Alan Mak Siu-Faiou et Bullets over summer de Wilson Yip.
En 2006, résurrection : Maître To, le prolifique patron de Milkyway, demande à ses amis, Tsui Hark et Ringo Lam, de faire revivre ensemble un de ces néo-polars noirs (désirs made in Hong Kong) qui ont fait la réputation de l’île dans toute l’Asie, et qu’il est désormais le seul à réaliser, avec succès. Ce sera Triangle, un film en forme de cadavre exquis, avec une mise en scène à trois pistes sur un trio de malfrats (of course).
Mok (antiquaire), Sam (mari cocufié) et Fai (chauffeur de taxi) naviguent entre deux eaux pour joindre les deux bouts. À l’instigation d’un vieillard (méfiez-vous de la sagesse des vieux), ils décident de voler le trésor (genre Faucon maltais) contenant la robe d’or de cérémonie du Conseil de sécurité gouvernemental. Ils espèrent devenir rapidement riches. Démarrage, à fond la caisse, de Tsui Hark qui suit Fai dans les boui-bouis et les rues d’Hong Kong. Juste le contraire d’une mise en situation. Tsui Hark file dans tous les sens, fait exploser, avec vélocité, l’intrigue (genre : ramassez les morceaux si vous désirez me suivre). On n'est pas loin de Time ans Tide. Ringo Lam suit Sam, l’autre pigeon, et surtout sa femme amoureuse ambivalente, partagée entre son rôle d'épouse, de mère et d’amante, qui n’hésite pas à voler la robe pour l’offrir à son amant. Johnnie To termine majestueusement dans le flic floc des joncs brumeux et d’un restaurant flottant dans les herbes hautes, avec une succession de scènes dans lesquelles se mélangent, sans le vouloir, les pigeons, les flics et les vrais gangsters.

Triangle, Tsui Hark, Ringo Lam, Johnnie To, édité et vendu par melimedias
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