Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/01/2003
Mots-clés : publication,
 

Trois publications

Trois publications, ce mois-ci, Le Documentaire en Chiffres de Guy Vandenbulcke,
Les Feuillets du RACC, Le court en dit long, Le Carrousel aux souvenirs de Selim Sasson.

Le Documentaire en chiffres 
Que ferait-on sans la photographie établie à l'aide de statistiques très affinées que fait régulièrement Guy Vandenbulcke de notre cinéma (ici le documentaire) en Communauté française. Bilan économique imparable sans lequel tout rebond artistique ne peut prendre son envol.
D'emblée, dans son avant-propos, Henry Ingberg, nous annonce que l'année 2001/2002 « pas moins de 100 titres de documentaires produits par la communauté française pour plus de 76 heures de production soit un volume supérieur à la moyenne des cinq dernières années. » Et d'ajouter, ce qui est capital, que la moitié de ces productions sont coproduites avec les ateliers d'accueil et de production. Rappelons que nous sommes le seul pays avec la Suède à avoir mis au point ce tissu cinématographique que sont les Ateliers qui assurent sur les marchés, dans les festivals et sur la fenêtre télévisuelle.
Outre, le tableau des coproductions de documentaires auquel la Communauté Française, la RTBF et Arte ont participés de 1997 à 2002, vous trouverez des tableaux des films documentaires produits (avec leurs coproducteurs, of course) et diffusés par les Ateliers d'accueil et de production, de 1995 à 2002. Et cela pour le CBA, le WIP, le CVB, le GSARA, Dérives et l'AJC. Par ailleurs une analyse, très fine, de la diffusion des docs en festival et sur les chaînes télévisées (RTBF, RTL-TVI, Canal+Belgique, les télés communautaires), de la diffusion en salles qui, depuis 1996 est en progrès : trois films en 1995, le double en 2001/02 dont Arbres qui s'il ne bat pas le score de Mobutu, roi du Zaïre de Thierry Michel (76.786 entrées sur deux ans) mais fait un joli score (30.658 entrées sur un an) et enfin, de la diffusion de K7 VHS via la Médiathèque de la Communauté française et le Centre du Film sur l'Art.
Bref, un outil indispensable. D'autant que les cinéphiles y trouveront les salles qui, comme l'Arenberg-Galeries et le Nova diffusent régulièrement du doc. Et d'autres qui y consacrent des séances spéciales comme Le Parc (Charleroi), le Plazza-Art (Mons), Le Forum (Namur), Le Parc-Churchill (Liège), L'Actor'studio, l'Espace Delvaux, Le Vendôme, le Botanique, le Flagey (Bruxelles).

Le Documentaire en Communauté française, 1995-2001, étude réalisée par Guy Vandenbulcke et éditée par Le Centre du Cinéma et de l'Audiovisuel de La Communauté française. Contact : 32.2.413.23.11

Feuillets du RACC 2002-2003 
La nouvelle édition des Feuillets du Réseau Action Culturelle Cinéma 2002-2003 est sortie de presse. Voilà qui va rendre heureux les programmateurs des ciné-clubs, des centres culturels, des écoles et d'autres associations faisant partie de la Communauté française.
Ne ratez sous aucun prétexte Mulholhand Drive de David Lynch (le jeu sur le sens du film se décline à l'infini) ou Hollywood Ending de Woody Allen (réflexion hilarante sur le monde du cinéma).
Parmi les films belges, vous aurez cette année, davantage de films à découvrir  : Au-delà de Gibraltar de Mourad Boucif et Taylan Barman, Le Fils de Luc et Jean-Pierre Dardenne, Les Enfants de l'amour de Geoffrey Enthoven, Iran, sous le voile des apparences de Thierry Michel, Petites Misères de Philippe Boon et Laurent Brandenbourger, Meisje de Dorothée Van den Berghe, Putain de vie de Beatriz Flores Silva, Que Faisaient les femmes pendant que les hommes marchaient sur la lune de Chris Vander Stappen, Strass de Vincent Lannoo, Sur la pointe du coeur d'Anne Levy-Morelle, un Honnête commerçant de Philippe Blasband, une Part du ciel de Bénédicte Lienard, la Vie politique des Belges de Jan Bucquoy.
Ce catalogue est co-édité par le Ministère de la Communauté française et le service audiovisuel de la Commission Communautaire française.
Contact : Patrick Matthys, 32.2.800.85.55 (pour les remboursements dans la région bruxelloise) ou Guy Triffin : 32.2.413.22.37 (pour la Wallonie).

Le court en dit long
Le catalogue de tous les courts métrages produits en Communauté française (fiction et animation) trouve chaque année son point d'orgue dans un livre de 150 pages, format « à l'italienne ». Celui qui reprend les films réalisés en 2002-2003 vient d'être publié. Outre les films qui bénéficient d'un résumé, d'une fiche technique et d'une photo, vous y trouverez une série d'adresses utiles : CGRI, SGAM, WBI, Ateliers de production et d'accueil, écoles de cinéma, sociétés d'auteurs et principaux festivals en Communauté française ainsi que les adresses d'une série d'institutions et d'ASBL qui contribuent à la diffusion du court en Belgique et à l'étranger.
Contact : Centre du Cinéma et de l'Audiovisuel, Marie-Hélène Massin et Joëlle Bombaerts, Boulevard Léopold II, 44, 1080 Bruxelles. Tél. : 32.2.413.22.38.43, fax : 32.2.413.20.60.
E-mail : mailto:marie-helene.massin@cfwb.beou joelle.bombaerts@cfwb.be. Site : www.cfwb.be/av

Le Carrousel aux souvenirs

 Pour plusieurs générations d'entre nous, « Le Carrousel aux images », diffusé par la RTB, le jeudi soir, a été le rendez-vous à ne pas rater sur le petit écran. Le cinéma occupait encore dans le régime généralisé de l'image une place souveraine Cinéphiles, Cinéphages, Cinémaniacs, Cinésectaires, Cinédistraits, tous, guettaient une émission où en quelques phrases ou d'un seul mot Selim Sasson nous donnait (il choisissait lui-même les extraits des films proposés) le désir d'aller voir le ou les films de la semaine. Il y avait les entretiens avec les réalisateurs ou les comédiens qui prolongeait notre plaisir.
Ces dernières années, Selim Sasson travaillait a une autobiographie du cinéma que sa mort a interrompue en février 2002. Les éditions Luc Pire ont entrepris de publier la partie d'un manuscrit qu'il n'a pas eu le temps de terminer. Un livre qui nous conte les aventures d'un journaliste malicieux et curieux explorant le monde du cinéma alors que sa vocation première était la peinture. On pourrait dire qu'au lieu de faire des toiles il s'est fait des toiles. L'un ayant d'ailleurs un rapport avec l'autre.
De ces souvenirs, aux saveurs singulières (Sasson était aussi un fin gourmet), il nous fait partager des épisodes de tournages, de rencontres avec les personnalités du cinéma et un sens de l'envers du décor qui n'est pas sans malice. De prime abord, une enfance passée Place De Brouckère chez un père nourricier, gérant d'un magasin de tabac, où il à l'occasion de croiser Michel Simon ou François Perrier, de s'imbiber d'une ambiance qui allait être celle de sa vie. Des déconvenues (souvent burlesques) dès ses débuts de carrière allait succéder des rencontres variées : amicale avec Jean-Pierre Melville, savoureuse avec un Gabin qui n'aimait pas trop la presse, curieuse avec Hitchcock, sèche et hautaine avec Robert Bresson, sur le qui-vive avec Peter Greeneway. Et puis il y a Truffaut dont il aimait beaucoup les films et qu'il rencontra souvent. Le coup des Monty Python où il réussit à les réunir les six protagonistes du groupe, lors de la présentation de Meaning of Life au Festival de Cannes vaut son pesant de cacahouètes.
On y apprend que par souci d'économies (déjà, oui, déjà), Sasson se déplaçait souvent sans réalisateur et sans scripte. Ce fut le cas pour Rendez-vous à Bray d'André Delvaux où il assiste à un feu de cheminée involontaire qui détruit une partie des décors.
Selim Sasson, Le Carrousel aux souvenirs, préface de Fabienne Vande Meerssche, Editions Luc Pire. http://www.lucpire.be/

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