Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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Octobre 2005
01/10/2005
Mots-clés : sortie en DVD,
 

Un honnête commerçant

Nous vous présentons Un honnête commerçant de Philippe Blasband. On vous signale que le making off a été réalisé par Marc-Olivier Picron qui, avec Le Retour, est notre court métrage du mois et celui de la deux/RTBF.

La sortie en DVD du premier long métrage de Philippe Blasband nous permet de revoir un film construit comme une partie d’echecs entre des policiers (une Yolande Moreau criante de vérité) et Verkamen (Benoît Verharert), un homme habile et intelligent, oscillant sans cesse entre la candeur et le cynisme.
Tout tourne autour du massacre de la rue des Alouettes où une famille a été assassinée par trois tueurs. Après une ouverture à l’espagnole avec variante argentine qui lance une partie de jeu d’echecs, on ne va pas vous donner la solution du problème qui se déploie en moins de nonante minutes. De fonctionnaire à trafiquant de drogue, l’honnête commerçant qu’est Verkamen va t-il se reconvertir dans la boulangerie ?
Le scénario à multiples rebondissements, qui voit les coups de théâtre se succéder à une allure vertigineuse, est servi par une distribution où dominent Philippe Noiret, Yolande Moreau, Benoît Verhavert et Serge Larivière dont l’humour pète-sec continue à servir de contrepoint au jeu de ses compères.
Thriller a-typique, Un honnête commerçant nous fait comprendre que dans l’équivalence générale du commerce capitaliste, la drogue ressemble à n’importe quel autre flux produit pour le consommateur. Le seul but étant d’engendrer un profit maximum.
Ajoutons, pour le fun, qu’il est amusant de découvrir Frédéric Fonteyne en tueur à gages derrière le viseur d’une carabine !

Bonus
Les bonus nous offre le court métrage de Philippe Blasband, Mireille et Lucien dont nous vous avons déjà longuement parlé tant au niveau du tournage que de sa finition.
Un Honnête film, monté et co-réalisé par Marc-Olivier Picron, comprend une série d’entretiens avec Blasband et Verhaert, entrecoupés de scènes de tournages (un peu chromos). Philippe Blasband nous explique avoir évité de réaliser un film codé, fondé sur une information qu’on distille goutte à goutte pour entretenir le suspens. Il avoue préférer le tournage à l’écriture s’écriant même qu’il déteste celle-ci, pardon, qu’il la hait ! Son intérêt pour le scénario consistant (comme pour un monteur) à structurer les blocs narratifs, à tisser et entrelacer les différents flash backs du discours particulièrement rusé et manipulateur de Verkamen. A ce propos, certains ne manqueront pas d’évoquer les poupées russes du scénario à tiroir du Limier de Joseph Manckiewiecz. (voir Cinéma de Tanguy Viel, un roman bati autour du Limier, éd. de Minuit) Sur la direction d’acteurs, Philippe Blasband nous fait remarquer que, diriger un comédien, c’est lui enlever ses blocages. Il doit avoir chaque fois l’impression de faire quelque chose de neuf.

Un honnête commerçant de Philippe Blasband, France-Télévision, distribution : Twin Pics

 

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