Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/11/1996
 

Un nouveau mode de production : Capital court

Passion

Filmer à tout prix, en état d'urgence, avec un minimum de moyens, des équipes techniques jeunes qui ont tout à prouver et pas grand chose à perdre, mélanger l'audace au goût du bricolage; allier le sponsoring (pellicule, matériel, montage, mixage, bruitage, etc.) aux fonds privés (assez frileux), bousculer les corporatismes : cela donna en leurs temps Le Silence de la mer de Jean-Pierre Melville, Les Mistons de François Truffaut et Tous les garçons s'appellent Patrick de Jean-Luc Godard. Mais c'est aussi, depuis quelques mois, le nouveau pari de l'AJC, Capital Court : permettre à de jeunes cinéastes de réaliser leur premier court métrage avec risques et périls. Une idée lancée par Anouchka Dewarichet et poursuivie, depuis son départ de l'AJC, par Cathy Welkenhuysen.

Terre NataleTerre natale, de Stéphane Vuillet, le premier film tourné en mode de production sponsoring-bénévolat de Capital Court, a été projeté à Média 10/10 ce mois-ci. Ce road movie raconte le rêve de deux immigrés espagnols dont l'un désire rentrer au pays et l'autre rester à Bruxelles. Eva, une belle blonde, va-t-elle troubler cette amitié adolescente, à la vie, à la mort?
Réponse en huit minutes de plans speedés, tournés en noir et blanc - sauf une fin énigmatique en couleur, qui laisse perplexe, rattrapée par un beau plan post-générique, de nouveau en noir et blanc, où l'on voit le réalisateur embrasser ces deux interprètes. C'est frais, vif, pétillant, comme des bulles de Perrier, la musique jazzy accentue le rythme et le film est habité d'une rage de vivre qui n'est pas sans rappeler le cinéma des pays de l'Est des années 60. Les choses bougent dans le landerneau du cinéma belge. On y reviendra plus longuement dans un prochain numéro en vous parlant de l'A.J.C. et de la création de ses ateliers de scénario et de comédiens.
 Dernier défi de l'A.J.C., A la folie, un film de dix minutes de Luc Bolland tourné en trois jours avec 200.000 francs belges. Le film croque une famille extravagante confrontée à la souffrance d'un deuil qu'elle juge inadmissible. Nathalie Laroche incarne avec une rare justesse Agathe, elle est habitée par son personnage, elle est bouleversante.

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