Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/06/2002
Mots-clés : critique de cinéma
 

Un portrait de Philippe Murgier

En 1621, Mathieu, le meilleur apprenti du peintre Franz Pourbus, est envoyé dans un château flamand qu'occupe la cour espagnole. Il dispose de dix-neuf jours et trois dimanches pour exécuter le portrait de l'infante Marguerite Eléonore. Entre ces murs, la tradition veut que personne n'ait le droit d'adresser la parole à l'infante. À la souffrance de cette très jeune fille livrée au regard dévisageant du jeune homme répond le désarroi du peintre à « rendre l'âme » de son modèle par cet échange exclusivement visuel. Par le biais d'un stratagème inopiné, Mathieu réussira à parachever son portrait.
Philippe Murgier met en scène l'ultime étape de l'apprentissage d'un jeune peintre devant faire face à une série de difficultés qui décideront de son aptitude ou non à devenir maître à son tour. Il doit affronter seul un monde dont les us et coutumes lui sont inconnus. Son modèle, si proche soit-il, lui est inaccessible, d'où la présence d'un intermédiaire en la personne d'une duègne pour l'infante et d'un majordome pour le peintre. Au fil des jours, le doute s'installe quant à la façon de franchir tous les obstacles qui se dressent sur son chemin. Grâce à son humilité et à sa patience, il parviendra à mener son dessein à bien, lui permettant d'entrer dans la cour des grands. Ce face-à-face silencieux et mystérieux, où tout passe par le regard, donne naissance à une magnifique scène où l'infante finit par dévoiler une partie de son âme par l'expression de son visage. L'interprétation toute en retenue de Yannick Renier (le frère de Jérémie, révélé par les frères Dardenne dans La Promesse) laisse présager un bel avenir à ce jeune comédien.

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