Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
 

Une année-charnière pour le Festimages de Charleroi 

Organisé du 13 au 15 mars dernier et présidé par Nicolas Guiot, fraîchement lauréat d’un Magritte et d’un César, le Festival du court métrage de Charleroi a cette année semblé connaître un nouveau souffle. Un bon signe pour le futur !


Parmi la kyrielle de Festivals qui peuple aujourd’hui le paysage de notre petite Belgique francophone, certains d’entre eux peinent parfois à exister aux yeux de la presse et du public. Ces dernières années, ce fut, reconnaissons-le, un peu le cas pour le Festival du court métrage de Charleroi, plus communément appelé le
Festimages. Un événement dont la particularité est d’être, depuis toujours, co-organisé par des enseignants et des élèves de la Haute Ecole Provinciale de Hainaut. C’est d’ailleurs Pierre Duculot, le réalisateur d’Au cup du loup qui, comme ancien professeur de cette école, a imaginé ce Festival ayant accueilli dans ses jurys, depuis sa création en 1992, des personnalités comme Benoît Poelvoorde, Jaco Van Dormael, Bouli Lanners, François Damiens ou Yolande Moreau. Ni plus ni moins.
Repris depuis peu par un nouveau tandem composé d’Yvelise Blairon et d’Axel Delépine, le Festimages a semblé renaître, en cette année-charnière pour lui. D’abord, parce que les organisateurs ont eu un certain flair en nommant comme président de jury un certain Nicolas Guiot, bien avant que celui-ci ne truste un Magritte et un César pour son Cri du Homard. Une présence qui a permis au Festival de susciter pas mal d’attention.

Ensuite, grâce à une campagne de presse assez solide en amont, le public – malgré une météo exécrable - a rallié en nombre plus que respectable les trois journées consacrées aux courts métrages, grâce à une programmation riche et variée, avec ce qui se fait de mieux dans le genre. De quoi augurer d’un avenir radieux à l’événement cinématographique le plus emblématique organisé à Charleroi, ville actuellement en chantier, mais dont le dynamisme culturel actuel est à saluer.

photo du film Atomes d'Arnaud DufeysAu terme de trois journées de visions et à la quasi-unanimité, le jury (où l’on retrouvait entre autres, la réalisatrice primée de 2012 Cécile Mavet et le comédien montois Eric Larcin) a décerné le Grand Prix du Festival à Atomes d’Arnaud Dufeys, un court métrage déjà primé à Bilbao et à Rio. Parfumé d’une ambiance proche des Amitiés Particulières, ce film, où il est question d’une liaison amoureuse houleuse mais forte entre un professeur et son étudiant, n’a laissé personne indifférent. On y soulignera une formidable interprétation d’ensemble, à commencer par Vincent Lécuyer, acteur qui mériterait d’obtenir un rôle lui offrant la reconnaissance du grand public.

photo du film Le fils du blanc de Maxence RobertLe prix de la meilleure fiction a, quant à lui, été décerné au Fils du blanc du réalisateur local Maxence Robert, déjà primé au FIFF. Une fiction subtilement dosée qui rend un vibrant hommage aux ouvriers carolos où, en filigrane, est évoquée la relation délicate entre un contremaître – campé à merveille par Alain Bellot, à l’affiche dUne chanson pour ma mère - et son fils. "Le fait d’avoir tourné ce film dans une usine en crise, dans ma propre région, a été un tel poids que je n’en ai pas dormi pendant des nuits !", nous a confié son réalisateur.

affiche du film Pour vous servir de Christophe ClinÀ nos terres d’Aude Verbiguié (Meilleur Documentaire), un émouvant témoignage d’un couple de vieux fermiers français ; Si j’étais un homme de Margot Reumont (Meilleure Animation), une réflexion divertissante sur le genre humain ; Pour vous servir de Christophe Clin (Prix du jury étudiant), une comédie-ovni, tous également déjà primés ailleurs, sont donc eux aussi repartis avec une statuette.
Clôturé par une soirée à laquelle participaient le bourgmestre carolo Paul Magnette et la Ministre de la Culture Fadila Laanan, le Festimages peut dresser un bilan positif de sa 22e édition. "Nous sommes fatigués, mais effectivement heureux", confiaient en cœur les professeurs-organisateurs. "Ce sont toujours beaucoup d’heures supplémentaires en plus de notre horaire scolaire déjà bien chargé, et il faut bien se rendre compte qu’on doit chaque fois redémarrer avec une nouvelle équipe d’étudiants, aussi brillante soit-elle, comme ce fut le cas cette année. La mission reste donc délicate et nos moyens de plus en plus limités. Mais les nombreux encouragements reçus cette année nous ont néanmoins fait beaucoup de bien pour réattaquer le futur". À présent sur de nouveaux rails, le Festimages a de sérieux atouts pour devenir plus incontournable encore !

www.festimages.be

 

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