Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
09/07/2009
Mots-clés : théorie du cinéma,
 

Une histoire du cinéma israélien

Cinéma Israélien

Raphaël Nadjari, que les cinéphiles connaissent bien depuis la présentation à Berlin et à Cannes d'Avanim et de Tehilim vient de réaliser une histoire du cinéma israélien diffusée au mois de mai sur Arte et et qui sort actuellement en DVD, en deux parties : 1932-1976 (1h43) et 1978-2007 (1h46). Né en France, Nadjari se distingue dés un premier long métrage, réalisé à New-York, The Shade, une adaptation d'Une Femme douce de Dostoievski (la version de Robert Bresson nous a fait découvrir Dominique Sanda).

D'innombrables extraits de films font découvrir un cinéma peu connu si cen'est par son aspect le plus contemporain mais aussi le meilleur. Avec Kadosh (1999), Kippour (2000), Kedma (2002) et Alila (2003), avec Mon trésor (Caméra d'or au Festival de Cannes), en 2004, avec Roit Elkabetz, actrice et réalisatrice, avec son frère Shlomi, Prendre femme (2002) et Shiva (2008), avec Valse avec Bachir(2008) d'Ari Folman mais aussi, Pour un seul de mes deux yeux (2005) du subversif Avi Mograbi.

Le voyage que nous propose Nadjari-- donner à voir et à entendre sans commentaires-- démarre avec Avoda d'Helmer Laski (1935) : l'euphorie de l'eau jaillissent sous les mains des premiers kibboutzniks juifs et se termine avec Atash-Thirst de Tawik Abu Wael, l'eau difficile a acquérir d'une famille palestinienne déplacée. C'est ce parcours d'un cinéma de la diversité (autour d'une quarantaine de films) ne cessant de s'interroger qui nous est offert, en écartant les films documentaires et en étant composé autour du cinéma de fiction. Autre choix du réalisateur, éviter, à tout prix, le commentaire en voix off. Travailler, uniquement, à partir d'entretiens avec les cinéastes et des extraits de leurs films.

Dans les années 60, l'un des paramètres intéressant est « la guerre culturelle » entre la nostalgie de la vieille Europe et la population orientale qui cherche à s'affirmer dans la société israélienne. D'un côté une nouvelle sensibilité, influencée par la Nouvelle vague et de l'autre coté le cinéma des comédies romantiques (Bourakas) racontant le mariage entre l'Orient et l'Occident.

Les années 90 changent la donne de l'héroïsme, on glisse vers l'autobiographie, on ose davantage se dévoiler On parle de soi et non plus de l'état d'Israël. Amazing grace (1992) film très visuel d'Amos Gutman s'intéresse plus aux monde des marges que du centre. Le rôle de la femme est mis en exergue dans Summer of Aviya (1988) d'Eli Cohen, inspiré du roman autobiographique de Gila Almagor (elle y joue sa propre mère dans le film) qui nous parle de la façon dont la femme a été façonnée par l'état d'Israël. Ronit Elkabetz nous explique : « On entend pas la parole des femmes. J'ai pensé qu 'une femme à sa façon d'affronter le système masculin machiste et militant dans lequel nous vivons »; D'où Prendre femme.

Une histoire du cinéma israëlien, Voyage à travers le cinéma (1 de 1932 à 1976, 2 de 1978 à 2007). éd. Arte, diffusion Twin Pics.

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