Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
09/06/2006
 

Victor-Emmanuel Boinem, lauréat du concours des jeunes critiques 2006 : L'Enfant

Surréaliste et répétitive, l’idée selon laquelle le cinéma belge a bonne réputation hors de ses frontières mais demeure simultanément méconnu sur son propre territoire ? Le constat est notoire et problématique : le spectateur de demain mésestime les productions belges d’hier et d’aujourd’hui quand celles-ci sont récompensées dans des festivals internationaux et exigeants. Pour tenter de réconcilier ces boudeurs juvéniles avec les réalisations nationales, nous leur proposons depuis deux ans, à travers un concours, une épreuve particulière : la critique d’un film imposé.
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Lauréat du concours des jeunes critiques

A Cinergie, nous sommes convaincus que le jeune public doit découvrir l’autre cinéma, celui qui évoque le singulier, le rêve, l’artisanal, le questionnement de soi. Dès lors, comment animer la curiosité de ces êtres qui se réfèrent par facilité et influence aux titres pop-corn ? Il y a deux ans, en souhaitant provoquer un déclic et un début de cinéphilie, nous avons imaginé un rapprochement entre la jeunesse et le septième art par le biais d’un concours. L’initiative, créative et ambitieuse, intitulée « Prix des jeunes critiques » demandait tout simplement à ses destinataires leur appréciation par écrit d’un film belge ! En 3.000 signes (plus ou moins une page A4) de surcroît ! Nous avons choisi La femme de Gilles pour sa beauté et ses silences mais aussi pour l'attention que porte Frédéric Fonteyne à l’éducation au cinéma. L’idée a également séduit ceux qui ont rejoint notre jury : le CGRI, la Libre Belgique et la Communauté française de Belgique. Pour encourager les participations, les cadeaux ont été très « sexys » : des CD, des livres, des DVD, une publication du texte gagnant (sur Cinergie et dans la Libre) et surtout un pass pour séjourner cinq jours à Cannes et à son festival ! En 2004, 70 critiques en lice se sont aventurées jusqu’à nous. Vu la nouveauté et la difficulté de l’opération, ce chiffre nous a étonné et nous a donné de l’espoir : il restait des jeunes cinéphiles en Belgique ! La critique gagnante fut, cette année-là, celle de Natacha Pfeiffer, 17 ans.

Lauréat du concours des jeunes critiques

Le succès de cette édition nous a incité à la reconduire l’année suivante. Actualité oblige, c’est L’Enfant qui, cette fois, a été retenu. Même concept, même prix : cette fois, 150 textes sont arrivés, soit le double! Certes, Cannes bénéficie d’une image de marque dans l’esprit de ces jeunes. Pourtant, avant d’être des rédacteurs, ce sont des spectateurs confrontés à des réalisations qui leur parlent. Et on le ressent à la lecture de leurs critiques : le film des Dardenne provoque des questions et des réactions. Ils aiment ou non, sont perturbés par les répliques, l’absence de musique et évidemment par le sujet. Difficile de ne pas avoir d’opinion face à un film surtout quand dans celui-ci, des jeunes -comme eux-, se déresponsabilisent sur fond d’insouciance et de chômage. Pourtant, un texte nous a semblé différent des autres : celui de -Emmanuel Boinem, 18 ans.En classe ou seuls, les critiques en herbe ayant participé à nos deux concours ne se sont pas spécialement laissés guider par les perceptions et les lignes des journalistes. Bien sûr, ils se sont documentés pour posséder une base d’analyse, mais, très vite, ils en sont sortis pour que leur point de vue s’affirme. Les textes reflètent une vigilance quant à l’histoire et ses valeurs, à l’esthétique de l’image et au jeu d’acteurs avec, en filigrane, des petites touches très personnelles. A se demander si le cinéma est une révélation pour ces jeunes ou si leur sens de l’observation ne guettait qu’une plateforme d’expression plus large dans laquelle s’accomplir.

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