Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/02/1999
Mots-clés : rencontre,
 

Vincent Lannoo - Les dessous de j'adore le cinéma


J'adore le cinéma, de Vincent LannooCinéaste précoce, il réalise Meilleurs voeux, son premier film à l'IAD, enchaîne deux ans plus tard avec Nathan, son film de fin d'études. Après un stage d'écriture avec Yves Lavandier il tourne X-mas in Space, un court métrage de science-fiction. Pédagogue, il décide de tourner un film avec les jeunes élèves d'un Athenée bruxellois. Le cinéma agit comme un révélateur dans une institution peu préparée aux innovations. Le réalisateur claque la porte et décide de se servir de cette expérience pour écrire une fiction qu'il réalise ensuite. Ce sera J'adore le cinéma, une comédie dramatique qui a beaucoup fait rire le public et le jury du Festival de Bruxelles puisqu'il a obtenu L'Iris d'Or et l'Etoile de cristal du meilleur court métrage européen et a été sélectionné au Festival de Clermont-Ferrand."Il y a deux voies pour accéder au long métrage, l'assistanat sur d'autres films ou l'écriture et le développement de ses propres scénarios", nous confie Vincent Lannoo. "J'ai choisi la seconde voie. Comme je débarquais de New-York sans vrai sujet, j'ai créé un atelier de cinéma dans ma propre école, un athénée bruxellois. J'étais un peu comme Georges dans J'adore le cinéma. Je me suis amené en disant aux élèves : "Proposez-moi un sujet ! on va essayer d'apprendre qui vous êtes, on va essayer de construire un film tous ensemble et pendant les vacances on va le tourner".
Ils m'ont présenté des sujets, puis, en voyant la personnalité des jeunes qui m'entouraient, moi aussi je leur en ai soumis. J'ai proposé à une fille de jouer le rôle d'une homosexuelle et à une autre jeune fille arabe de jouer le personnage d'une fille qui porte le tchador la journée avec ses parents et qui, dès qu'elle arrive à l'école, va se changer dans les toilettes. C'est à ce moment qu'un gars a débarqué dans l'atelier, comme dans le film : "Tu ne nous respectes pas en parlant de la femme comme ça !". J'ai été confronté à ce qu'il disait et ce n'était pas que des bêtises mais il était trop violent que pour être vraiment convainquant. Au bout d'un moment je lui ai dit : "Tu te casses !" Comme j'avais ma caméra j'ai filmé tout ça. Et j'ai commencé à décrire des personnages et à bâtir un scénario. C'est alors que le directeur de l'école m'a appelé pour me dire que le film provoquait la révolution dans son école et il m'a dit : "Il faut absolument que vous enleviez tel et tel truc". J'ai dit : "Non, j'arrête ! Tant pis pour eux, tant pis pour vous, je m'en vais".
"Je suis parti un peu aigre, en ayant envie de raconter cette histoire mais en ayant très peur d'être manichéen, sauf pour le proviseur qui, lui, est un lâche. On a tourné le film dans une autre école. Tous les interprètes sont des comédiens. Quant au personnage de Georges, il est joué par un ami, un réalisateur belge qui vit à Paris. Beaucoup de spectateurs croient que J'adore le cinéma est du cinéma-vérité. C'est amusant parce que ça n'a rien à voir. En fait tout est très écrit, chaque réplique, chaque petite intervention. Tout est structuré et c'est d'ailleurs pour ça qu'il y a du suspense et un récit. Maintenant j'espère tourner, au plus tôt, à la fin de l'année, le Troisième étage, un long métrage qui est en pré-production chez To do Today."

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