Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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mai 2008

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01/05/2008
 

We feed the world.

We feed the world
we feed the world afficheLe réalisateur Erwin Wagenhofer nous emmène à la découverte d’une société de l’alimentation dont le but est de s’enrichir sans aucun scrupule. 

De l’Espagne jusqu’en Autriche, en passant par le Brésil, nous voyageons et découvrons les rouages et la face cachée des multinationales alimentaires qui produisent en quantité astronomique aux dépens des petits paysans agricoles. Le documentaire nous entraîne dans des lieux tels que Alméria en Espagne du Nord. Cette région connue pour ses serres qui couvrent une superficie de 25 000 hectares, soit plus qu’en Hollande et en Belgique réunies. Les vues aériennes permettent d'en constater l'immensité. À côté de ces prouesses de l’homme, on ne peut passer outre les dérives des industries agroalimentaires actuelles.

Notre société est celle de la consommation, de la course contre la montre dans le but de vendre toujours plus et en un minimum de temps.
Wagenhofer nous plonge ainsi au cœur d’un élevage de poulets, située en Autriche, de la conception de l’œuf à la poule pour finir dans un abattoir. Ce sont 400 000 poulets qui sont produits par jour à un rythme effréné !

Jean Ziegler, Rapporteur Spécial auprès de l’ONU pour le droit à l’alimentation, dévoile des chiffres qui font froid dans le dos : chaque année, 100 000 personnes meurent de faim ou de conséquences directes. Il accuse les multinationales dont le but est la maximisation du profit alors que l’agriculture mondiale pourrait nourrir des milliards d’individus.
Le réalisateur donne aussi la parole au camp adverse, avec l’intervention de Peter Brabeck, directeur du géant groupe alimentaire Nestlé affirmant que la société actuelle ne s’est jamais aussi bien portée grâce aux méthodes actuelles de production alimentaire. Il donne un exemple : les Etats-Unis utilisent des aliments génétiquement modifiés depuis 15 ans et aucune maladie n’est apparue jusqu’à présent. 

On peut suivre également Karl Otrok, dirigeant de l’entreprise Pioneer-Roumanie, premier producteur de semences au monde. Ce dernier nous fait découvrir une petite ville roumaine dont le mode de production est resté le même depuis 50 ans. Les paysans récoltent et sèment à la main pour ensuite transporter le tout via des carrioles attelées à des chevaux. Malgré une volonté de perpétuer la tradition, ces derniers se sont vus obligés de recourir en parti aux semences transgéniques. Ses semences donnent des aliments qui attirent le consommateur : disposés dans les magasins, ils ont une meilleure apparence et seront préférés aux produits naturels. 

Erwin Wagenhofer dénonce également le gaspillage de denrées alimentaires : on peut ainsi voir, en début de film, un camion jetant une cargaison de pain aux ordures alors qu’il aurait pu nourrir des milliers de personnes, ce n’est pas moins de deux millions de kilos de pain qu’on préfère jeter de la sorte chaque année.

Le DVD, distribué par Image Film Distribution, offre des bonus qui renforcent le message que veut faire passer le réalisateur. C’est ainsi que l’on peut écouter Anne-Marie Tasiaux, agricultrice en Wallonie, donner son avis sur la mécanisation de la production alimentaire. Tout en faisant des liens avec le film, elle affirme que l’industrialisation conduit à consommer des aliments non naturels et peu sains. À voir également l’intervention de Veerle Dossche, membre de Greenpeace Belgium, à propos du soja au Brésil, sujet que l’on retrouve dans le documentaire.

Est-ce que le monde de demain sera encore celui de la production à outrance et du profit maximal ? Il y a tout lieu de le penser. Erwin Wagenhofer nous met face à une réalité effrayante qui ne semble pas prête à s’améliorer.  

We feed the world de Erwin Wagenhofer - 2005 - 96', distribué par Melimedias

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