Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/09/1998
Mots-clés : critique de cinéma
 

Xiao Wu de Jia Zhang Ke

Le pickpocket et la putain
Xiao Wu de Jia Zhang KeXiao Wu est le premier long métrage d'un réalisateur chinois de vingt-huit ans, qui s'écarte radicalement de la production chinoise traditionnelle. Le film, qui suit les errances d'un jeune pickpocket aussi naïf et maladroit dans ses larcins que dans ses amours, n'est pas sans rappeler un certain cinéma européen tel qu'il s'est pratiqué en Italie immédiatement après la guerre ou en France à la fin des années cinquante. Tourné avec peu de moyens, caméra à l'épaule, dans une ville de province avec une équipe de comédiens amateurs. Loin de se ressentir du minimalisme de la réalisation, le film en tire une liberté de ton, une nonchalance dégingandée qui l'apparente aux premiers films de la Nouvelle Vague, mais pose aussi un regard presque documentaire sur la vie quotidienne dans la province chinoise. Le réalisateur s'y distingue par ses audaces de prises de vue (de longs plans séquences par exemple, caméra à l'épaule, qui ralentissent le rythme au risque d'alourdir le film mais qui sont tellement expressifs) qui fait de Xiao Wu une oeuvre originale, caustique et d'une plaisante vitalité

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