Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/11/2004
 

Zoé et les pachydermes de Rémi Hatzfeld


zoe et les pachydermes

Zoé et les pachydermes est un film nourri d'enfance. Zoé est une petite fille espiègle qui, comme la plupart des filles de son âge adore son père, modèle de la cohésion familiale et sociale. Celui-ci à l'habitude, dans les fêtes de famille, de jouer à l'éléphant. Il pense qu'une partie des adultes - ceux qui nient leur part d'enfance et finissent par la perdre - sont atteints de pachydermite aigue. A l'école Zoé a l'idée d'imiter son père et se fait mettre la main où il ne faut pas par un copain de classe qui n'y voit pas la malice qu'y découvre une institutrice, la directrice puis, les parents du jeune garçon. Hypocrisie et le malentendu ne sont jamais bien loin. Zoé prend conscience que son monde n'est pas celui des autres. Tels Adam et Eve, au paradis terrestre, qui découvrent en mangeant la pomme de Lucifer que le bien et le mal existent autour d'eux. Tout le talent de Remi Hatzfeld est de trouver la distance juste, l'humour adéquat pour nous conter une fable - évoquant une comptine enfantine - qui nous renvoie à nos propres fantasmes. Zoé et les pachydermes aurait pu n'être qu'un récit de plus sur la désillusion. Le film évite cet écueil avec élégance. Le style allusif, le rythme parfois burlesque de certaines situations sont à mille lieues des poncifs abordant une question qui depuis des millénaires se pose aux êtres humains : en perdant son innocence on passe du regard univoque sur les choses à la découverte que la réalité est différente suivant l'usage et l'interprétation que les autres en font. Zoé franchit une étape et se dirige à grands pas vers l'adolescence.

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