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Barbet Schroeder invité de BOZAR

Publié le 24/05/2018 / Catégorie: Brève

BOZAR accueille le réalisateur Barbet Schroeder à l’occasion de la projection de sa Trilogie du mal dont l’ultime volet Le Vénérable W est présenté en première belge. Barbet Schroeder présente une filmographie atypique qui n’a eu de cesse de sonder l’âme humaine et d’aller la déloger de ses recoins les plus obscurs. Une rencontre est prévue avec le réalisateur à l’issue des 3 projections.

 

Barbet Schroeder invité de BOZAR

Barfly (1987), le sulfureux Mystère von Bülow (1990) ou J.F. partagerait appartement(1992) figurent parmi les chefs-d’œuvre réalisés par Barbet Schroeder. Le cinéaste, qui est sans aucun doute l’un des metteurs en scène les plus doués de sa génération, a en effet signé plusieurs films inoubliables interprétés par des acteurs de premier plan tels que Faye Dunaway et Mickey Rourke, Glenn Close et Jeremy Irons ou Bridget Fonda et Jennifer Jason Leigh. Nul doute que leur jeu éblouissant doit beaucoup au talent de directeur d’acteurs de Barbet Schroeder capable de tirer de ses comédiens le meilleur d’eux-mêmes.
Né en 1941 à Téhéran, il passe son enfance en Colombie avec une mère allemande et un père suisse. Quand il arrive à Paris et qu’il découvre le cinéma, il hante les salles de la Cinémathèque d’Henri Langlois. Alors que tout le prédisposait à s’inscrire dans la Nouvelle Vague (ayant fondé en 1962 Les Films du Losange, il produira de nombreux films de Rivette et de Rohmer), il suit pourtant un chemin distinct qui le mène aux quatre coins du monde avant de poser ses valises aux États-Unis, où il fait entre autre la connaissance du célèbre écrivain Charles Bukowski. Des longs entretiens qu’il recueillera pour son documentaire les Bukowski Tapes au très hollywoodien Desperate Measures, Barbet Schroeder se fait un nom outre-Atlantique, continuant à collaborer avec des acteurs prestigieux, comme Andy Garcia ou Nicolas Cage. Loin de chercher à exploiter la veine californienne, il se tourne ensuite vers les cartels colombiens en plantant sa caméra à Medellín (La Virgen de los sicarios). Depuis les années 2000, il propose un cinéma très personnel et enchaîne les films sur tous les continents, du documentaire sur le plus redoutable des tribuniciens du Barreau, Jacques Vergès (L’Avocat de la terreur, 2007) à des fictions épurées comme Amnesia (avec Marthe Keller). Il apparaît également à différents moments de sa carrière dans des œuvres signées par Tim Burton, Patrice Chéreau ou Éric Rohmer.
Coutumier des honneurs, ses œuvres ayant été citées aux Oscars, aux Césars ou à Cannes, Barbet Schroeder échappe pourtant aux limites de la convenance, du ronronnement médiatique et des chemins balisés. Il est au contraire un homme à l’esprit audacieux qui n’hésite pas à s’aventurer aux confins de notre système de valeurs civilisationnelles. Il s’y attarde en particulier dans sa Trilogie du mal, que nous projetterons en sa présence. Trois documentaires autour de trois figures incarnant ce mal qu’il s’emploie à circonscrire : Général Idi Amin Dada : Autoportrait (1974), consacré au dictateur ougandais, L’Avocat de la terreur, dressant à travers le portrait de Vergès celui des accusés qu’il défend (terroristes, nazi...) et Le Vénérable W. (2017), qui essaie de comprendre la violence antimusulmane dans un pays bouddhiste à 90%, donc pratiquant un mode de vie tolérant.

Au programme :
- L'Avocat de la terreur (17 juin à 17h)
Quelle conviction guide Jacques Vergès ? Au départ de la carrière de cet avocat énigmatique : la guerre d’Algérie et Djamila Bouhired. Le jeune homme de loi épouse la cause anticolonialiste, et la femme. Puis disparaît pendant huit ans. À son retour, Vergès défend les terroristes Magdalena Kopp, Anis Naccache, Carlos et des monstres historiques tels que Klaus Barbie. D’affaires sulfureuses en déflagrations terroristes, Barbet Schroeder suit les méandres empruntés par « l’avocat de la terreur», aux confins du politique et du judiciaire.
- Première de Le Vénérable W (18 juin à 20h)
En Birmanie, le « Vénérable W. » est un moine bouddhiste très influent. Partir à sa rencontre, c’est se retrouver au cœur du racisme quotidien, et observer comment l'islamophobie et le discours haineux se transforment en violence et en destruction. Pourtant nous sommes dans un pays où 90% de la population est bouddhiste, religion fondée sur un mode de vie pacifique, tolérant et non-violent. 
- Général Idi Amin Data (19 juin à 20h)
Documentaire sur le président et dictateur ougandais Idi Amin Dada, le film montre la caricature du pouvoir incarnée par un homme jouant son propre rôle et mettant en scène son propre gouvernement, devant la caméra d’un cinéaste qui ne semble à aucun moment prendre parti ou juger la situation. Tour à tour naïf ou lucide, drôle ou inquiétant, illuminé ou sûr de sa force physique et de sa mission, Idi Amin Dada effraie et déconcerte.

Infos pratiques :
Où et quand ? Les 17, 18 et 19 juin à Bozar (Palais des Beaux-Arts – Studio - 23, rue Ravenstein, 1000 Bruxelles)
Prix : € 6, 4 - PASS € 12

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