Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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juin 2014

Deux jours, une nuit - En salles depuis le 21/05

David Richardier, animateur cinéaste auprès du CVB-VIDEP

Waiting for August de Teodora Ana Mihai

I Comme Iran

Une si longue histoire, un film de Roger Beeckmans

Les Carrières de Roby Comblain - A-P le lundi 16 juin

Corps étrangers de Laura Wandel, à Cannes

Tombville de Nikolas List

Alléluia de Fabrice du Welz

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Mots-clés : court métrage,
 

Albertine d’Alexis Van Stratum

Amour

Albertine est une vieille femme qui, depuis la mort de son mari, a perdu la joie de vivre et passe son temps à organiser son enterrement afin de ne pas faire subir aux autres ce qu'elle a connu lors du décès de son aimé. La rencontre inattendue avec son charmant voisin sera peut-être l'occasion de retrouver une certaine gaieté. 

photo fu film Albertine d'Alexis Van StratumAvec simplicité, humour et douceur, Alexis Van Stratum réalise un portrait de femme lumineux et multiple. Enveloppée dans les lumières chaudes d'un appartement protecteur, Albertine (superbe Jacqueline Staup) nous est d'emblée présentée de dos, le travelling avant ouvrant le film instaurant le mystère d'un personnage qui n'aura de cesse de se découvrir différent d'une scène à l'autre. Comme son passe-temps, découper des cartes postales de fleurs, que l'on découvrira bien différent, Albertine va petit à petit dévoiler ses diverses facettes. Touchante dans ses démêlés avec une ampoule cassée, lumière qui lui manque pour « travailler », elle devient la pauvre vieille humiliée par une sinistre voisine ; puis, à l'entrée du voisin, apparaît comme acariâtre et enfin, se montre tour à tour aigrie, triste, drôle et désirante. Ces changements émotionnels mis en scène par le réalisateur construisent un personnage fort et complexe auquel on s'attache avec force. En face, le voisin (Bernard Jousset) est véritablement le corps du film, imposant sa présence, sa solidarité à cette femme pour qui il en pince secrètement. Il déboule littéralement dans son appartement, s'installe, s'invite à dîner, la pousse à parler et finalement, grâce à un dialogue jubilatoire, parvient à la faire rire :
Elle : « Le vin rouge, c'est bon pour la prostate.
Lui : Encore faut-il en avoir une.
Elle : Oh pardon.
Lui : « J'ai enterré la mienne avec ma femme. »
Si le film apparaît parfois un peu gentil et par trop rassurant, le cinéaste ose ce ton-là, à contre-courant, et nous offre une rencontre joyeuse qui finit sur une étonnante et magnifique scène d'une pudeur érotique rarement vue.

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