Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
10/10/2011
 

Dimanches de Valéry Rosier

J'sais pas quoi faire...

Dimanches, le court métrage de Valéry Rozier poursuit sa ronde des festivals. Après la Semaine Internationale de la Critique à Cannes, le Festival du Court métrage de Bruxelles, le Brussels Film Festival, Milan, Toulouse etc., Dimanches concourt au Festival International du Film Francophone de Namur.

Le dimanche... Qui n'a pas connu ces longues journées d'ennui, ses repas interminables, ses heures qui s'étirent mollement, cette torpeur qui prend alors qu'on n’a rien fait et que l'on n’a rien à faire ? Comment « tuer le temps » ces jours-là ?
Il y a ceux qui restent bien au chaud dans leurs draps pendant que d'autres se mettent, malgré eux, dans de mauvais. Il y a ceux qui suivent les rites, d'autres leur soif, d'autres encore leur hobby du moment... Au final, tous tournent en rond. Au final, nous nous reconnaissons tous un peu. « La seule préoccupation de la plupart des hommes est de fuir l’ennui de la vie » : cette phrase de Cioran, qui a accompagné le jeune réalisateur dans l'élaboration de ce court métrage de 15 minutes, est la base même de son écriture tant scénaristique que formelle.

Tourné dans une petite commune en région Wallonne (Frasnes), Dimanches croque avec justesse et générosité la vacuité de nos existences et nous entraîne dans le formidable quadrille de l’ennui ordinaire. Sans aucun commentaire, sans une note de musique (sauf diégétique), le court métrage se construit en petites séquences dans lesquelles « les êtres humains sont montrés comme des natures mortes », une sorte d'album de famille que l'on parcourt tantôt le sourire aux lèvres, tantôt les larmes aux yeux. Et si chacun des personnages joue son propre rôle dans son propre univers, la mise en scène, appliquée à chacune des saynètes, transcende la réalité et sublime tous les lieux communs. Et tout est là, dans le cadrage et la mise en scène d'une réalité hyper fictionnalisée, loin, très loin, comme on pourrait bêtement le lire ou l’entendre, de la célèbre série Strip Tease. En effet, l'hyperréalisme assumé et revendiqué du cinéaste qui laisse toute la place au burlesque, à la tendresse et un certain décalage joliment joyeux, échappe totalement, par la magie de sa mise en scène, au piège du pittoresque.

Du coup, le portrait de ces personnages, toujours tendre et jamais jugeant, saisit l'humanité dans sa nudité et prouve, s’il en était besoin, que Valéry Rosier est loin d'être un peintre du dimanche.


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