Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
Webzine
Juillet 2013

Inès Rabadan, Karaoké domestique

Michelangelo Antonioni, expo

Tax Shelter, dossier suite

Quand je serai dictateur de Yaël André

Nabil Ben Yadir, en Marche vers le second long

Sorties DVD

et également

 

IAD - Cru 2013

Nos futurs cinéastes

Par un temps mi-figue mi-raisin qui ne sait pas se décider, les étudiants de l’IAD ont présenté, le 20 juin, leurs films de fin d’étude au jury, acteurs, techniciens, professeurs et autres curieux au Cinémascope de Louvain-la-Neuve. Au programme 3 fictions et 4 documentaires, plus 7 courts films animés de la section Multimédia et Infographie d’une qualité contestable sur lesquels, du coup, nous n’avons pas eu envie de nous attarder.

Voici plusieurs années déjà que Cinergie aime prendre la température de ce qui se fait dans les écoles de cinéma. Voici plusieurs années déjà que Cinergie se plaint de l’esprit morose de cette petite vingtaine qui n’aborde bien souvent que désastre, séparation, déréliction… Changement de cap en 2013. Malgré l’ambiance mondiale, les futurs cinéastes semblent enfin retrouver un peu d’espoir, et surtout, de distance vis à vis d’eux-mêmes. Une façon de résister à la crise ?

Côté fiction, de bien jolies choses, et, surtout de bien jolis personnages. Avec Welkom, Pablo Munoz Gomez signait une comédie sans prétention sur fond de problème linguistique. Le vieil Antonino et son fils Jorge habitent une petite maison en Wallonie et passent allègrement de l’espagnol au français. Seulement voilà, leur jardin est en Flandre, et lorsqu’il s’agit de construire un poulailler pour Maria, charmante petite poulette à crête blanche, plus qu’adorée par Antonino, les ennuis commencent… Communication / communicatie quand tu nous tiens… Loufoque et un brin surréaliste, cette comédie enlevée brillait surtout par l’interprétation irréprochable de ses trois comédiens, Jean-Jacques Rausin, Simon André et l’irrésistible Wim Willaert. C’était encore Wim Willaert que l’on retrouvait dans Zinneke de Rémi Allier dans un registre plus sombre et un film qui zieutait cette fois du côté du drame social. Mettant en scène un gamin livré à lui-même, le jeune cinéaste, au plus près de ses personnages jusqu’à viser l’abstraction, nous entraînait dans une fable poétique d’un monde désenchanté mais débordant de cœur.

Enfin, dernière et non moins intéressante fiction, Houle sentimentale de Tom Boccara osait l’extravagance sans tomber dans le ridicule. Dans un monde enneigé, une jeune femme dans une caravane fête, seule, son anniversaire. Le passage d’un camion et de son conducteur fait subitement basculer son univers. Sur un fond sonore de chants de baleines, d’orques et de sirènes enveloppant comme un liquide amniotique, le monde va se transformer en épopée homérienne intérieure. Un film singulier et tendre qui révèle déjà une belle personnalité d’auteur et une sensibilité à fleur de peau.

Côté documentaires, les surprises étaient également au rendez-vous. Trop souvent prétexte à « s’intéresser » aux autres pour finalement parler de soi, les documentaires laissaient ici une large place à leurs personnages et ne tournaient pas à vide autour du nombril des réalisateurs. Pas de voix off ampoulées donc, pas de maniérisme, une parole simplement mise en partage. Adrien Centner (Kitchen Studio) et Thierry Errembault (6danst) se sont tournés vers la pratique artistique : la musique d’un côté, la danse de l’autre. Dans sa cuisine, le musicien congolais Makela Mu Kongo a installé son studio d’enregistrement : quelques bribes de sa vie entre trois notes, le frigo, les refrains susurrés et les bobos à panser. Vie d’artiste, de père, d’époux dans un univers confiné : un au-delà qui passait par la voix, les regards, et nous envoyait dans un autre monde, là où les corps nus se transforment en fantômes.

Thierry Errembault a, pour sa part, filmé les jeunes corps d'une classe de rhéto-danse durant près d’un mois : plans fixes sur les répétitions, les coulisses, la scène. Un film d’une construction aussi rigoureuse qu’une chorégraphie.

Du corps en scène encore avec Envolés de Victor Ridley suivant une jeune athlète de 13 ans entre chambre d’internat et salle de sport, rêves et désillusions. Un documentaire de 50 minutes tout en pudeur, mais qui manquait peut-être de réelle ligne sur la durée.

commentaires propulsé par Disqus