Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
14/04/2010
 

Le cinéma, vecteur d'humanisation ou de profit ?

Une question s'impose. Devant la quantité incommensurable de réalisations de tous genres et de tous formats, doit-on encore soutenir le 7ème art ? Que faire de toutes ces productions, fictions ou documentaires qui s'entassent dans les files d'attentes des salles de cinéma ou dans les grilles horaires télévisuelles ? Sans parler des formats courts qui trouvent encore très difficilement de lucarne ? Des voix s'élèvent pour suggérer de limiter l'accès aux mécanismes de soutien public, voire de s'attaquer à la racine du problème, et de ne plus remplir le réservoir de prétendants cinéastes fraîchement formés par les écoles de cinéma.

La disette entraîne toujours les conflits. Même s'il y a eu une augmentation des montants d'aides, celle-ci n'a pas suivi l'accroissement du nombre de demandes. Pas assez de sous, trop de films produits, pas assez d'écrans libres pour les programmer. Surtout pas assez de public pour les regarder. Faut-il miser sur la rareté pour augmenter la plus-value ? Ou privilégier la diversité pour élargir le nombre de spectateurs potentiels ?

Faire du cinéma une industrie plus rentable n'est certes pas synonyme de faire un cinéma de qualité. Ne tombons pas dans le piège des « cost plus », des « win-win » et des lois du marché libéral. Il ne s'agit pas de gains, mais d'éducation. Le cinéma est vecteur d'apprentissage, de sensibilisation et d'humanisation. Préservons ses quelques qualités, et renforçons-les, plutôt que de les sacrifier sur l'autel de la rentabilité.

Et en ce jour du 14 avril, ces propos sont renforcés avec la sortie en salles d'un film sur un événement du passé, la dictature franquiste, dans lequel on éprouve tout ce qui fait la magie du cinéma, sensations, compréhensions, émotions. Ce film, c'est Los Caminos de la memoria de José-Luis Peñafuerte.

 

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