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09/11/2011
 

Le Nom des choses de Boris van der Avoort

Si on enlève les pépins de l'aubergine, s'appellera-t-elle encore aubergine ?

Boris Van der Avoort est né l'œil collé à la caméra. Il débuta dans la photographie. C'est à travers le cadre de son appareil qu'il scruta sa réalité. L'image figée devint trop étroite pour cet esprit curieux et c'est naturellement qu'il se dirigea vers le cinéma. Au départ, encore timide, il préféra jongler avec les images faites par d'autres.
Devenu monteur, il conjugua les passions qui l'animent, la musique, la danse et l'image.
Adepte des installations vidéo, il réalisa ses propres films, histoires sans paroles dans lesquelles images d'archives et images créées s'entremêlent.
C'est avec sa fille et son apprentissage de la parole qu'il s'arrête sur le langage et tente de comprendre la formation des mots dans l'esprit de l'enfant et la genèse du raisonnement.
Cinéaste, il veut capter avec sa caméra l'appropriation du langage. C'est ainsi qu'il rencontre Martine Nolis, animatrice d'ateliers de philosophie dans diverses écoles bruxelloises.
Martine Nolis ne veut pas pousser les enfants à réfléchir mais tente plutôt de les écouter et comprendre leurs réflexions.
Ensemble, six ans durant, ils se retrouvent aux beaux jours, dans les ateliers de Martine, Boris, sa caméra plantée au milieu de la classe, à la hauteur des visages, scrutant par transparence l'avènement du savoir.
La collaboration entre cette femme qui questionne les mots, leur signification, leur concept et leur sonorité avec les jeunes enfants qui l'entourent (de 4 à 11ans) et, un homme, réalisateur, le regard inscrit dans le cadre de l'objectif, donne un film étonnant, frais, intelligent, drôle et captivant, sur l'origine des noms, communs ou propres.
Une leçon de philosophie linguistique menée par de jeunes enfants, de quoi alimenter nos réflexions d'adultes en quête de compréhension.


Dimitra Bouras
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