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Mars 2013

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Oh Willy d'Emma De Swaef et Marc Roels

Maaaman ! 

À l’heure où il devient de plus en plus difficile de trouver, sur les grands écrans de cinéma, des choses sortant réellement des sentiers battus, le festival Anima est une bénédiction pour le cinéphile curieux. C'est l'occasion de voir ou de revoir en projection quelques flamboyantes animations, films de fin d'études ou productions indépendantes, dignes d'intérêt, parmi lesquelles parfois de petites perles. C'est le cas de Oh Willy…, d'Emma De Swaef et Marc Roels (re)découvert à l'occasion des séances de compétition nationale. Cette histoire douce comme la laine a séduit le jury de cinergie composé des rédacteurs et nous lui avons attribué notre Prix. Nous rencontrerons les réalisateurs à leur retour de Chine, où ils ont été invités en résidence.

Oh Willy de Emma De Swaef et Marc RoelsÀ Cinergie, nous avions déjà remarqué Emma De Swaef à l'occasion de son travail de fin d'études à Sint Lukas. Zachte Planten, qui nous avait séduits par l'originalité de ses créations et l'atmosphère poétique, toute en douceur et nostalgie, qui en émanait. Elle remet le couvert avec un film au scénario plus élaboré et aux décors plus aboutis, qui garde les mêmes qualités de perfectionnisme dans le travail, de regard et de personnalité. Comme pour son précédent film, elle s'associe à Marc Roels (De Mompelaar), qui gagne ici le statut de coréalisateur. 

Il y a, entre les deux films, un étrange air de famille. On y retrouve les mêmes personnages de poupées molles, en tricot ou en tissu, animés en Stop Motion dans de superbes décors de forêts ou de rochers bien mis en valeur par un éclairage soigné. Comme Zachte planten, Oh Willy… est la fuite en avant d'un personnage qui n'est pas fait pour le monde dans lequel il vit, et cherche à retrouver par le contact avec la nature un état originel, primitif qui, finalement, n'est qu'une maternité de substitution. Ce thème de la maternité est le principal sujet de Oh Willy… qui est plus explicite et va beaucoup plus loin sur ce point que son prédécesseur. Willy, un gros garçon dans la quarantaine, revient dans le camp de naturistes où il a grandi pour assister aux derniers instants de sa vieille maman. Assailli par le poids de ses souvenirs, il s'enfuit dans la forêt où il trouve une certaine paix, redevenant petit à petit l'homme des bois des origines de l'humanité, jusqu'au jour où une rencontre bizarre vient concrétiser les plus profondes de ses aspirations. À moins que tout cela ne soit finalement qu'un rêve... 

Etrange univers donc que celui dans lequel nous plongent les auteurs. Leurs regards se complètent parfaitement pour nous donner une ambiance décalée sur laquelle ils jouent habilement pour alléger le spleen mélancolique dans lequel baigne le film par quelques traits d'humour. En même temps, même si le monde de Willy n'est pas trop rigolo et que son retour aux origines a quelque chose de dérangeant, c'est la douceur, l'onirisme et la poésie qui dominent surtout. Une atmosphère étrange, mais pas du tout déplaisante. L'animation est un artisanat, mais lorsqu'elle porte une vision à ce point personnelle et originale, réalisée avec un pareil souci du détail, cela devient une œuvre d'art. Bravo donc aux deux auteurs, et rendez-vous au prochain opus. On l'attend ! 


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