Webzine
décembre 2008
décembre 2008
Editorial
Vidéo
- Micha Wald : Tournage de Simon Konianski
- Olivier Smolders : Voyage autour de ma chambre
- Olivier Gourmet, le De Niro belge
- Sur le tournage de Maternelle de Philippe Blasband
- Le sel de la mer d'Anne-Marie Jacir, présenté par F. Joset et J.Rouschop
- Stolen Art de Simon Backès
Entrevue
- Olivier Gourmet : Home d'Ursula Meier
- Olivier Smolders : Voyage autour de ma chambre
- André Buytaers : La Chasse aux truffes
- Joseph Rouschop (co-producteur) et de la décoratrice du Sel de la mer
- Simon Backès, réalisateur de Stolen Art
Critique
- Coquelicots de Philippe Blasband
- Voyage autour de ma chambre d'Olivier Smolders
- Saint-Marcel - Tout et rien voir de François Hien
- Orgesticulanismus de Mathieu Labaye
- Suzanne de Julien Monfajon
- Autonomie de la volonté d’Antoine Cuypers
- Le Barbier de Julie Descarpentries
- Surprise de Fabrice Maruca
- Milovan Circus de Gerlando Infuso
- Le Crabe de Xavier Seron et Christophe Hermans
- Le Sel de la mer d'Annemarie Jacir
- Lola Montès de Max Ophüls
- Luc Ferrari, face à sa tautologie de Guy-Marc Hinant et Dominique Lohlé
Sortie DVD
- J'ai gagné un million ! et Les Gangsters de l'expo - Belfilm
- Zatoichi et Takeshi’s de Takeshi Kitano
- La Ronde de l’aube de Douglas Sirk
- Modus Operandi d’Hugues Lanneau
Evénements
Publication
Tournage
Orgesticulanismus
02/12/2008
Orgesticulanismus de Mathieu Labaye
Orgesticulanismus « Orgesticulanismons ! »
Orgesticulanismus est le premier court métrage d’animation d’un ancien élève de La Cambre, produit par Caméra etc. Animateur dans cette maison de production consacrée principalement au film d’atelier, Mathieu Labaye a déjà réalisé en son nom propre deux courts métrages. À Media 10-10, son premier film professionnel aura fait l’unanimité, empochant le Prix du Meilleur Court Métrage d’Animation remis par le Jury Officiel et celui du Jury Presse.
Orgesticulanismus est le premier court métrage d’animation d’un ancien élève de La Cambre, produit par Caméra etc. Animateur dans cette maison de production consacrée principalement au film d’atelier, Mathieu Labaye a déjà réalisé en son nom propre deux courts métrages. À Media 10-10, son premier film professionnel aura fait l’unanimité, empochant le Prix du Meilleur Court Métrage d’Animation remis par le Jury Officiel et celui du Jury Presse.
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C’est qu’Orgesticulanismus, au bord d’un cinéma expérimental, est un film qui cherche, se libère, énergique, frénétique, jubilatoire, tellement vivant. Très ambitieux techniquement, il s’organise en dehors des genres codifiés du court métrage, sans scénographie étouffante ou conventions dramaturgiques attendues. D’une étonnante richesse formelle, tant par son travail autour du dessin que par ses articulations à la bande sonore et à la musique, Orgesticulanismus est d’une grande inventivité et se construit en trois temps sur une idée assez simple. |
Cette dernière image photographique d’un homme cloué dans sa chaise roulante se transforme en un dessin : le même homme est relié à des fils, immobile toujours, dans sa chaise roulante. Lui succèdent d’autres personnages (petite fille qui descend d’une chaise, vieillard qui se redresse, gros monsieur qui fait pipi), eux aussi reliés à des fils, dont le film décortique le mouvement, le reproduisant plusieurs fois. Répétition mécanique des gestes de petites marionnettes. Et puis, voilà que le premier des personnages, celui de la chaise roulante revient, tente de se lever de sa chaise, tombe mais se transforme en un autre personnage. Chaque image désormais sera celle d’un autre corps, d’un individu nouveau. Dans ces multiplications de personnages qui mutent les uns les autres par le vecteur du mouvement, c’est le mouvement lui-même qui se figure, s’échappant de cette toile d’araignée pour s’évader dans une danse de plus en plus frénétique. Sur une musique extrêmement rythmée, entre jazz et electro, signée Fabian Fiorini, ces mutations superposées explorent la richesse des mouvements de la danse, moment de jubilation totale où les corps jouissent de leurs propres possibilités, sortant d’eux-mêmes, en extase, jusqu’à se heurter à leurs limites et exploser. Alors, au-delà même des gestes, les corps sont devenus des images abstraites, ronds de couleurs, anneaux flottants, le mouvement s’étant comme libéré, se figurant désormais de l’intérieur, pure sensation, respiration, pulsation.
Anne Feuillère
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