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07/05/2007
 

Samuel Tilman d'Eklektik Productions

Producer on the Move 2007 : Samuel Tilman, Eklektik Productions (Belgique)

Choisie chaque année par l'European Film Promotion, la jeune génération de producteurs européens se retrouve à Cannes. Rencontre avec Samuel Tilman, le représentant de la Belgique pour Eklektik Productions. Venus d'horizons aussi divers que l'économie, le théâtre ou l'histoire, Nicolas de Borman, Stephane Heymans et Fabrizio Rongione forment, avec Samuel Tilman, le quatuor très éclectique de cette jeune maison de production, passée à l'étape suivante de son développement avec Ça rend heureux de Joachim Lafosse.

Cineuropa : Qu'est-ce qui caractérise Eklektik Productions ?

Samuel Tilman : D'abord, un lien à l'Afrique à travers nos documentaires et nos métiers. Stéphane, qui a suivi une filière économique comme Nicolas, travaille chez Médecins Sans Frontières. J'ai fait une thèse en Histoire, et des documentaires, l'un avec Nicolas. Fabrizio, lui, a fait le Conservatoire, nous nous sommes rencontrés à l'université où nous avons commencé à écrire ensemble pour le théâtre. Nous avons des parcours, des domaines d'activités et de compétences très différents. Du même coup, l'éventail de nos projets est très large. Comme aucun d'entre nous ne dépend financièrement de la structure, nous gardons un certain recul par rapport à notre profession, et le plaisir de fonctionner au coup de cœur. Il y a ensuite notre envie de raconter des histoires d'ici et de maintenant, des histoires qui nous ressemblent et questionnent notre génération. Comment avoir encore des idéaux et des projets de vie à trente ans est aussi une vraie question, à la base de notre travail.

C. : Comment s'est passé le passage au long métrage ?  

S. T. : Fabrizio a rencontré Joachim qui attendait de l'argent pour Nue Propriété. Lui aussi a le goût du risque et l'envie d'avoir des interlocuteurs de son âge. Nous avons très vite décidé d'écrire sans attendre de financements, en se donnant la possibilité d'arrêter à chaque étape du processus si nous n'étions pas satisfaits. Une cohérence s'est mise en place entre ce que nous racontions et ce qui se passait au niveau de la production, entre le contenu du film et son élaboration. Quand on s'est dit qu'on allait tourner Ça rend heureux, tout est allé très vite. C'était pour nous le moment de la prise de risque financière, nous n'étions pas sûrs de boucler le budget. Cela n'a fonctionné que parce qu'il y a, à la base de notre structure, cette liberté, cette souplesse.

C. : Quels sont les projets d'Eklektik ?  

S. T. : Un autre long métrage est en développement, Mobil-Home, écrit par François Pirot et Jean-Benoît Ugeux. François a coécrit Nue Propriété, réalisé un court métrage, Retraite, dans lequel jouait Jean-Benoît, qui lui-même écrit pour le théâtre tout en étant comédien. De nouveau, le sujet nous correspond bien, une comédie d'abord joyeuse puis plus sombre de trentenaires en crise, plus citoyenne que politique, l'histoire de deux trentenaires dans un petit village, des sortes de "Tanguy" autonomes, entre deux étapes de leurs existences, qui vont vouloir partir faire le tour du monde avec leur mobil home, mais qui n'iront pas plus loin que le bas du village (rires). À Cannes, nous pourrions trouver des partenaires francophones, tout en gardant la porte ouverte à d’autres types de coproductions. Cela rendrait le projet plus confortable, même si nous pouvons très bien imaginer un petit budget, un peu de tax-shelter… Mais l'enjeu pour nous est désormais d'entrer en coproduction. Cannes est un gros plus pour rencontrer des producteurs de notre génération, multiplier des contacts, mettre en place un réseau…

C : Quels sont vos projets personnels ?  

Je suis en train de finir un court métrage, Voie de garage, une comédie assez légère. Mais comme je suis vraiment autodidacte, j'ai envie de passer par un autre court avant de réaliser le long métrage que je suis en train d'écrire et qui me tient à cœur. Ce que j'adore dans Eklektik, c'est cette possibilité de m'enrichir au contact de tous ces projets, ces univers très différents. Cela me questionne par rapport à ce que je veux raconter.

Anne Feuillère

http://www.cineuropa.org/

 

 

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