Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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Juillet 2017

Le court en dit long à Paris, les talents ADAMI à l'honneur

Unité 42, série bilingue RTBF

Nicolas Mazzanti, conservateur de la Cinémathèque

HamsterS de Martine Doyen à Flagey cet été

La vie est là d'Isabelle Rey

Marquis de Wavrin, un film de Grace Winter et Luc Plantier

et également

 

25ème Festival Le Court en dit long

Certains sont morts avant
Cette édition s'est tenue comme les 24 précédentes au Centre Wallonie-Bruxelles, en face du Centre Georges Pompidou de Paris du 5 au 10 juin 2017. Cela paraîtrait presque arrogant de dire qu'il s'agit d'une belle représentation des films belges francophones dans la Ville Lumière tant il n'est pas nécessaire de rappeler que chaque année surgissent d'écoles de cinéma et d'ailleurs de nouveaux talents au point que Louis Héliot, entrepreneur fondateur infatigable de cet événement, n'a pu récupérer le moindre cheveu durant ce long chemin. Pas plus que votre obligé d'ailleurs à qui "25" signifie noces d'argent en août prochain.

Anne Lenoir et Louis HeliotC'est vous dire qu'autant d'instants cinématographiques vous constituent une mémoire de bons et moins bons souvenirs et qu'en résumé comme en BREF (du nom du magazine du court-métrage en France) il reste à Louis Héliot l'immense responsabilité d'avoir pu, su, espéré, avoir gardé le meilleur.Et ce ne sont pas les différents jurys installés maintenant depuis une quinzaine d'années qui me contrediront : il y a eu des perles, des discussions fortes, des montées au créneau, des records et... à chaque fois lors des séances compétitives, cette phrase célèbre inlassablement répétée par Louis "l'urne est à la sortie de la salle".
Celle-ci fut le témoin de l'intérêt des spectateurs pour des histoires autoproduites, coproduites. Jamais il ne fut renoncé à ce festival malgré parfois des voix scandaleusement dissonantes. Jamais l’ego ne rattrapa l'homme des fondations.
Je tente dans le communiqué de presse de décerner une quelconque gloriole de l'être et je ne constate que modestie. Si nous sommes, de ce milieu du cinéma, à penser qu'il poursuivra un nouveau cycle de 25 printemps, ici, rue Saint-Martin, on ne se perd pas en spéculation. Le concret compte plus que tout et cela se fait avec une équipe et les encouragements de l'actuelle et conviviale Directrice du CWB, Anne Lenoir.
Ce festival forge grave la réputation de nos auteurs.
Cette année, la fête se concentra autour des Talents ADAMI Cannes 2017 avec cinq courts-métrages réalisés respectivement par Marie Kremer, Marie Gillain, Cécile Telerman, Stéphane De Groodt et Patrick Ridremont en leur présence, et entr'autres celles de notre Ministre de tutelle Alda Greoli et de la Directrice adjointe de notre Centre du Cinéma, Jeanne Brunfaut.
Le succès était public, largement mérité et agréablement surprenant. En terme de qualité d'abord, d'humour et aussi de sensibilité. A propos d'humour, le Festival a eu la bonne idée de nous convier à une séance rétrospective de ce qui caractérise encore aujourd'hui la comédie belge et sa verve toute en émotion. Des films d'Abel et Gordon, de Benoît Mariage, de Christine Rabette ou Marc-Henri Wajnberg. Présentés en 35mm... Pour la clôture, au-delà du palmarès qui sera bientôt visible sur, l'accompagnement en direct au piano de l'extraordinaire Monsieur Fantômas d'Ernst Moerman et du remuant Fièvre de Louis Delluc par des élèves de la classe d'improvisation au piano du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris donnait un dernier hommage au temps qui passe et à l'apparition à peine visible des rides ou plutôt de quelques ridules.Ces mêmes ridules qui rendaient séduisantes et séduisants les visages des invités à la séance consacrée aux « retours sur expériences ».
Anthony Rey, producteur, Catherine Salée, comédienne, Emmanuelle Marre, réalisateur, Raphaël Balboni, réalisateur et Jean-Sébastien Lopez, scénariste et réalisateur ont refait un état des lieux de leur parcours au Festival. Nous apprenions ainsi quelques anecdotes plus ou moins croustillantes sur les relations festivaliers et Festival. Nous appréciions l'importance d'obtenir un prix pour payer un loyer, la reconnaissance à Paris pour des films non sélectionnés ailleurs, l'importance de ne pas être présent lors de la projection mais d'avoir tout fait pour y être pour recevoir son prix d'interprétation sur la scène, de l'importance d'y avoir vécu une première projection publique avant de se voir voyager à travers le monde, du besoin de la calculette pour compter le nombre de prix reçus... Parfois simple spectateur, parfois concerné par une sélection, ou parfaitement ahuri par l'annonce d'un prix, le festivalier garde un souvenir très convivial du Court en dit long, et de manière générale, la rencontre entre festivaliers y reste un moment privilégié d'une qualité particulière.

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