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Il y a des films qui ne cherchent pas à expliquer le monde, mais à nous y reconnecter. Quatre femmes en exil appartient à cette catégorie rare : un film-fenêtre, fragile et nécessaire, qui entrouvre des vies que la société préfère souvent maintenir hors champ. Dès les premières images, Yves Dorme ne pose pas un diagnostic, il s’assoit. Il écoute. Il attend que la parole vienne — ou que le silence suffise.
Le film dresse les portraits de quatre femmes en situation d’exil. Quatre trajectoires distinctes, mais que le regard du cinéaste et le montage transforment peu à peu en une expérience collective. Ces récits sont profondément singuliers, et pourtant…
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À 83 ans, le producteur a publié ses mémoires, revenant sur un parcours marqué par l’amitié, l’expérimentation et l’engagement collectif, au moment où le cinéma belge s’interroge sur ses modèles. Un récit généreux et accessible, riche en anecdotes, qui éclaire de l’intérieur plus d’un demi-siècle de cinéma.
La rencontre a lieu chez lui, à Waterloo, dans la foulée de la parution de Le film est à 20 heures. Dans ce livre de souvenirs, Eric Van Beuren retrace un itinéraire étroitement lié à la structuration du cinéma belge francophone à partir des années 1970, dans le sillage des…
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À Bruxelles, la Sabam et Mediarte ont organisé la deuxième édition de la Fabrique du Premier Long, une semaine de travail destinée à aider des auteur·rice·s de courts-métrages à préparer leur premier long et à mieux le défendre face au secteur. Un dispositif pédagogique, concret, et révélateur de certaines réalités du cinéma belge francophone. Du 8 au 12 décembre, les locaux bruxellois de la Sabam ont accueilli la deuxième édition de la Fabrique du Premier Long, un trajet d’accompagnement mis sur pied avec Mediarte. L'objectif ? Offrir à des auteur·rice·s déjà actif·ve·s dans… Lire l'article
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Héloïse et ses sœurs
Une nuit, Héloïse (Héloïse Volle), 15 ans, en fugue d’un centre pour jeunes délinquants et fraîchement enceinte, se retrouve seule dans une ville qui n’est pas la sienne et n’a nulle part où aller. Blessée lors d’une altercation dans une gare, elle fait la connaissance de Mallorie (Shirel Nataf), 20 ans, qui lui vient en aide et la ramène chez elle, où elle vit avec son bébé et deux autres jeunes femmes, Mona (Mona Bérard), ancienne toxicomane, et Jenna (Yowa-Angélys Tshikaya). Dans les jours et les semaines qui suivent, alors qu’elle est recherchée par les autorités, Héloïse décide de rester avec…
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Faux et usage de faux
Czesław Bojarski (Reda Kateb), dit « Jan », ingénieur polonais réfugié en France pendant la Seconde Guerre Mondiale, y utilise ses dons pour fabriquer des faux papiers pendant l’occupation allemande. Après la guerre, son absence d’état civil (il s’est évadé d’un camp, sans papiers) l’empêche de déposer les brevets de ses inventions et il est limité à des petits boulots mal rémunérés… jusqu’au jour où un gangster lui propose de fabriquer pour lui des faux billets. Jan met alors au point une méthode révolutionnaire de fabrication. Doté d’un talent inouï pour peaufiner les…
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Filmer les silences, c’était filmer l’invisible – ce qui reste quand tout a été détruit
En 2014, le monde découvre le génocide perpétré par Daech contre les yézidis, cette communauté kurdophone aux racines millénaires, déjà marquée par des siècles de persécutions. Mais que reste-t-il, une fois les caméras parties et les projecteurs éteints ? Dans son film Rashid, l’enfant de Sinjar, la réalisatrice Jasna Krajinovic choisit de filmer l’invisible : les silences, les traumatismes enfouis, et la résilience fragile d’un peuple en sursis. À travers le parcours de Rashid, enlevé à huit ans et forcé…
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L’histoire et les civilisations du passé nous sont parvenues jusqu’à aujourd’hui à travers les tombes et mausolées des défunts des peuples anciens. Aux côtés des temples de prière, les humains ont construit des réceptacles pour accueillir leurs morts, pour les honorer et se souvenir du passage plus ou moins éphémère de chacun sur terre.
Chaque communauté a sa manière de prendre soin de ses disparus. Les cimetières d’une région se ressemblent, avec des exceptions de lieux abritant les dépouilles de célébrités, visités par tout un chacun, comme lieux touristiques ou de promenade. Ces lieux de mort témoignent de l’organisation…
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Rục signifie “l’eau souterraine jaillissant du mont calcaire”. Rục, c’est le nom d’une ethnie découverte en août 1959 dans un site isolé de la cordillère de Truong Son entre le Vietnam et le Laos. À l’époque, ils étaient une trentaine. Aujourd’hui, ils sont plus de 600, répartis dans quelques villages. Parmi eux, il y a Mme Hậu, née il y a une soixantaine d’années dans une grotte.
Avec ses cheveux d’ébène, longues racines qui la rattachent à sa terre, Mme Hậu est une survivante de cette tribu mystérieuse. Sorcière des montagnes, elle connaît les remèdes, les onguents qui réparent et protègent. Mme Hậu…
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C’est au cœur du nord-ouest de l’Irak, près de la frontière syrienne, à Sinjar, que la réalisatrice d’origine slovène, Jasna Krajinovic a posé sa caméra pour son dernier film sélectionné dans la Compétition Grand Angle au festival Visions du Réel. Diplômée de l’INSAS en 1999, elle compte plusieurs documentaires à son actif tels que Deux sœurs (2010), Un été avec Anton (2013), La Chambre vide (2016) dans lequel elle aborde la question de l’endoctrinement et l’engagement des jeunes au combat. Produit par Hélicotronc et coproduit par le CBA, Dérives, Agat Films & Ex Nihilo, Rashid, l’enfant de Sinjar met en scène… Lire l'article
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Dans All the Time, Amélie Derlon Cordina nous raconte l’histoire d’un drame dans le centre-ville de Bruxelles aux alentours d’une soirée endiablée où un concert a lieu et les trames personnelles s’enchevêtrent dans des trames à la fois prenantes, attendrissantes, universelles.
All the Time est disponible librement sur Auvio
Trois personnages principaux féminins sont au centre du récit. Kaat est une chanteuse à la personnalité lunatique et sensible sur le point de se produire sur scène. Profondément bouleversée par la tragédie s’étant produite devant le lieu du concert, elle hésite à tout de même mener le projet à bien avec…
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Lauréat du Prix Cinergie au 7e Aaaargh Festival 2025 de Namur, Julien Cescotto signe Éloge du capitalisme sauvage, un court-métrage où l’amour n’a plus rien d’innocent. Dans cette famille, l’attention circule comme une monnaie, la tendresse devient une ressource à exploiter, et un enfant en profite sans demi-mesure. C’est juste l’histoire d’un foyer où chacun consomme l’autre, persuadé d’agir par bienveillance.
Le film met en évidence un mécanisme, presque banal, où le désir individuel finit par remplacer toute règle, comme dans un système économique sans frein. Jusqu’où peut aller l’amour lorsqu’il n’est plus…
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Amour et TSF
Mai 1940, quelques jours avant l’invasion de la Belgique par les troupes allemandes. Alors que le monde vacille, les destins de Berre (Jef Hellemans) et Elza (Femke Vanhove) se croisent dans le bâtiment emblématique de Flagey, à Bruxelles, d’où émet la radio nationale. Lui, ingénieur du son à l’oreille affûtée, engagé comme stagiaire, mal à l’aise avec le contact humain, cherche un ancrage dans la force insaisissable du son. Elle, jeune actrice lumineuse, mais trop impulsive, embauchée pour sa voix exquise, fait ses premiers pas dans la fiction radiophonique diffusée en direct. Leur rencontre fait naître une étincelle d’amour qui les élève…
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Éloge du capitalisme sauvage, ou la tendresse devenue tyrannie
Dans ce court-métrage d’une intensité rare, la cellule familiale devient le théâtre d’une lente implosion. Ce qui débute comme une satire de la parentalité positive se transforme peu à peu en cauchemar domestique, où les rôles s’inversent jusqu’à atteindre une forme de surréalisme sordide. Ce film choc est sélectionné dans la compétition belge du 7e Aaaargh Festival.
L’enfant, poupée macabre nommée Toto, glace le sang par sa voix calme et son autorité tranquille. En face, des parents épuisés, prisonniers de leur propre bienveillance, cèdent à toutes…
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Kinshasa, 1959. Ou plutôt Léopoldville, encore sous domination belge à la veille de l’indépendance. Dans cette capitale en ébullition, Daniel — incarné par Fally Ipupa, dans son tout premier rôle au cinéma — est photographe dans un club de rumba très prisé, où il immortalise les nuits les plus électriques de la ville. Lorsque sa petite amie est retrouvée morte, il devient le principal suspect. Pour prouver son innocence, il devra affronter un système colonial oppressant, échos des combats menés par les résistants et résistantes de l’époque.
Inspiré par l’esthétique de Jean Depara, photographe nocturne du Léopoldville…
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Les pas d’éléphants des moins de six ans résonnent dans les escaliers. “C’est le matin, maman”. Tu ouvres péniblement les yeux, ton sac à dos de fatigue commence à peser lourd. Préparer le déjeuner, préparer les tartines, préparer la tenue vestimentaire du jour à grands coups de négociations infinies. Prendre une douche de cinq minutes, quand même, tu t’efforces de faire bonne impression. “Mets tes chaussures”. “Mets ton manteau”. “Prends ton cartable”. “Tes affaires de gym!”. Et, avec tout ça, tu n’as même pas eu le temps de prendre ton café. Et tu dois partir travailler. Le récit d’une… Lire l'article